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Ouverture de Danse en mai : suspension magique

La soirée d’ouverture de la huitième édition de Danse en mai placée sous le signe des étoiles s’est balancée dans un ciel de crépuscule quelque part du côté de la grâce absolue.

La province a du bon. C’est une parisienne invétérée qui vous parle. Une parisienne qui pendant bien longtemps ne jurait que par les spectacles de sa capitale natale. Une parisienne préférant les listes d’attentes, les billets achetés à prix d’or, les réservations imprévisibles ; une parisienne qui persistait à croire que le mieux se trouvait loin. Hier, à la soirée d’ouverture de Danse en mai tout est apparu comme évidence.

Où ailleurs qu’ici peut-on aller remercier le chorégraphe à la fin du spectacle pour lui dire tout le bien que l’on a pensé de sa merveille ? Comment féliciter le directeur du théâtre en personne pour lui affirmer qu’en presque dix ans il a su donner à ses Treize arches une identité inimitable. Où peut-on congratuler également les danseurs, les artistes ou les machinistes tout en partageant le plaisir du bavardage ? Comment enfin ailleurs qu’ici pouvoir être le témoin direct d’une culture décloisonnée : une culture pour tous, une culture aux allures d’engagement qui permet aux spectacles de sortir du pré carré de la scène pour déborder jusque dans les rues ? Tout cela se trouve à Brive. Tout cela vient d’éclore à nouveau avec Danse en mai lors d’une soirée magique placée sous le signe des étoiles qu’il était presque question avec le titre du spectacle de Alban Richard de dénombrer (Nombrer les étoiles).

Hormis ce spectacle d’une qualité exceptionnelle, d’une simplicité à couper le souffle et d’une beauté téméraire, la rue, celle qui vibre a aussi eu la parole. C’est une chorégraphe, une artiste en résidence : Muriel Corbel dont nous vous avons déjà parlé dans les pages de Brive Mag’ qui poursuit son travail d’arpenteur en faisant danser les gens et pas n’importe lesquels puisque beaucoup sont des commerçants. Des commerçants que l’on connaît pour la plupart en représentation, c’est-à-dire en train de jouer le rôle auquel on s’attend. En les faisant sortir de leur boutique, en les amenant dans la rue pour leur faire exécuter les gestes de leur rêves, Muriel Corbel leur a non seulement donné une autre identité mais aussi une vie rêvée. Comme l’artiste est généreuse, elle a demandé à un danseur amateur, Miguel Araujo de filmer les performances. Mises en musique, elles ont été projetées après le spectacle de Alban Richard sur la façade du théâtre. Voilà, c’était hier soir à Brive dans un ciel mystérieusement épargné par la pluie. Une ville moyenne où la culture et le plaisir de donner sont désormais multipliés.

Danse en mai se poursuivra jusqu’au 30 mai, il serait dommage de ne pas en profiter.

Frédérique Brengues

Frédérique Brengues

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