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“Notre vie est restée là-bas”

Le CCAS de Brive a accueilli sept familles ukrainiennes. L’une d’elle, la première arrivée en mars 2022, a assisté ce matin à la visioconférence avec le maire de Melitopol, ville jumelée avec la cité gaillarde. Rencontre.

Ils sont comme des millions d’Ukrainiens qui ont vu leur vie balayée par la guerre. Ce matin, adultes comme enfants étaient attentifs à la moindre parole d’Ivan Fedorov, le maire de Melitopol, décrivant la situation dans leur pays (lire notre précédent article Brive soutient sa jumelle ukrainienne Melitopol). Nul besoin de l’interprète pour voir s’imprimer sur leur visage la teneur des mots. Il y avait Lena, ses enfants, Arina, 7 ans, et Danya 9 ans, ainsi que sa nièce surnommée Nastia, 22 ans.

“Nous sommes de Kiev”, explique dans un français hésitant la maman arrivée en mars 2022 avec sa petite famille à Brive. Ils étaient six, elle et ses deux enfants, sa belle sœur et les deux siens. “On ne voulait pas partir, mais il y a eu les bombardements et il a fallu faire vite. Mon mari, leur papa, leurs grands parents, nos amis, sont en Ukraine. On a tout quitté en un jour.” Les mots sont retenus pour surmonter l’émotion. “Notre vie est restée là-bas.

C’était la première famille ukrainienne accueillie à Brive par le Centre communal d’action sociale de la Ville. Un hasard: “Une amie française qui est en Bretagne, nous a proposés une maison qu’elle avait ici. Nous avons été bien accueillis, mais aucun de nous ne parlait français“.

Doucement, une autre vie s’est organisée, sans le père qui se bat, sans les grands-parents qui câlinaient. “Je ne suis que la maman, mais je dois être aussi un peu tous les autres.”

Avec sa belle sœur, elles suivent des cours de français. Ses deux enfants sont scolarisés à Bossuet, Arina en CE1, Danya en CM1. Les adultes buttent sur les mots, passent souvent par l’anglais. Les enfants sont quasi bilingues. “Ce que j’aime ici, c’est la patinoire, l’école et parler avec mes copines”, répond instantanément Arina.

“Nous sommes revenus deux semaines à Kiev pour voir nos familles”, explique Lena qui ne veut pas s’étendre sur ce qu’elle a vu. “Je dois rester forte pour mes enfants. Ici, nous sommes ensemble.”

C’est Irina qui aura confié à Yvan Fedorov de sa petite voix d’enfant leur espoir à tous: “On est impatient de revenir chez nous”.

Ils y auraient actuellement au moins une trentaine de familles ukrainiennes à Brive. “Difficile de les recenser car une majorité des personnes sont arrivées par leurs propres moyens en France. Elles ont rejoint de la famille ou des connaissances et n’ont donc pas ou peu pris contact avec la collectivité ou l’État”, explique François Fuguet, chargé de mission à Brive solidarité. “Le CCAS a accompagné 7 familles au départ du conflit sur les premiers mois. Aujourd’hui, si des familles se présentent à nous, elles sont réorientées, peuvent bénéficier de la domiciliation, d’un accès à l’épicerie solidaire et d’un accès à des tickets de bus selon leur situation.” 350 personnes sont passées en Corrèze et ont bénéficié d’une autorisation provisoire de séjour. Une cinquantaine sont déjà reparties en Ukraine ou dans un pays proche.

Sur ce sujet, vous pouvez consulter notre précédent article:

 

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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