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Martine Bésanger est la mémoire de Monjauze

intro mme besanger

Aux premières loges dès l’ouverture, Martine Bésanger a passé 40 années à la caisse du stade nautique. Alors qu’il est en train d’être démoli, c’est avec émotion qu’elle a fait remonter à la surface l’histoire de Monjauze qui est aussi un peu la sienne.

portrait  mme besangerL’ouverture de la piscine Monjauze, le 30 mai 1970, a été un événement pour tous les Brivistes. Avec ses 3 bassins couverts d’apprentissage de 25m, sa patageoire, le bassin extérieur de 50m avec une fosse à plongeon, un bar avec terrasse et une grande surface de pelouse, l’équipement était unique dans la ville et complémentaire avec le bassin en plein air, ludique et familial, de Gaétan Devaud ouvert en 1947. Mais également avec la piscine à vocation sportive et éducative de Caneton datant de 1974 et née, comme Monjauze, dans le cadre d’un vaste programme national de construction de piscines suite aux mauvais résultats des nageurs français au JO de 1960 et 1964.

Grand événement pour les Brivistes, l’ouverture de Monjauze fut aussi un grand moment pour Martine Bésanger. A 19 ans et demi, la jeune mariée, tout juste titulaire d’un diplôme de mécanographie aide-comptable, prenait alors son premier poste. Le hall d’accueil en marbre gris qu’elle trouve si vaste alors et surtout le “magnifique hippocampe en mosaïque” auquel elle a fait face 40 ans durant, restent gravés dans sa mémoire. De même que les cris de la baignade, l’odeur du chlore dont elle était imprégnée, les coups de sifflets et les “pliez, écartez, serrez” des maîtres nageurs. Elle garde encore un souvenir ému de certaines clientes, devenues des amies au fil du temps ainsi que de ces clients anonymes qu’elle a vu passer enfants et qu’elle reconnaissait des années après alors que, devenus adultes, ils accompagnaient leur progéniture. Puis il y a aussi eu ces journées d’été, chaudes et surpeuplées, comme en 1976. “Le hall était plein, les gens se pressaient. On n’avait plus de cintres de libre, si bien qu’on a dû fermer la piscine. On attendait qu’un baigneur sorte pour en faire rentrer un autre!”, se souvient-elle tout sourire, d’une voix familière à des générations de Brivistes: “Il m’arrivait souvent de parler au micro pour appeler des enfants retardataires ou des maris dont les épouses voulaient vérifier la présence…!”

Régisseur titulaire à la fin de sa carrière, elle a tenu le registre comptable durant 40 ans, connu les carnets de souche avec numéros, l’entrée à 1 franc le jeudi, jour de repos, puis l’informatisation en l’an 2000. Tout sauf l’eau des bassins où, selon le principe du cordonnier qui doit être le plus mal chaussé, elle ne s’est jamais baignée. “Je n’aime pas l’eau”, confesse-t-elle à demi mots. Reste que, comme au jour de sa retraite, le 4 juin 2010, la démolition de la piscine, et surtout du hall d’accueil, a fait naître chez elle un pincement au cœur, mêlé d’un enthousiasme curieux pour le nouveau centre aquatique. Avec ses 22 millions d’euros, il représente le plus important investissement dans l’histoire de la ville et, avec les 225.000 personnes attendues sur une année pleine, il deviendra aussi le plus fréquenté. Son hippocampe y trouvera-t-il une seconde vie? Martine Bésanger ne peut s’empêcher de l’espérer.

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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