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Malachi Farrell expose au Garage

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Dans trois semaines, le Centre Pompidou présentera à Paris une exposition atelier de Malachi Farrell. Le Garage centre d’art contemporain a saisi l’occasion pour revenir sur le parcours de cet artiste d’origine irlandaise. Il présente jusqu’au 16 novembre quelques oeuvres majeurs et dessins plus récents. Ses singulières machines explorent les “fragilités de notre société, avec ses combats politiques, sociaux, écologiques”. De l’ordre et des désordres du monde. Pour son auteur, un “petit théâtre des horreurs” qui joue sur étonnement, émotion et humour.

Expo le garage5Le visiteur butte d’abord sur The shops are closed, une oeuvre comptant parmi les installations marquantes des années 1990. Des tuyaux blancs, habituellement utilisés comme gaines de circulation d’air, sont suspendus à ce qui pourrait évoquer une chaine d’abattage motorisée. Ces indolentes nouilles de plastique s’animent pour dessiner une sorte de ballet sonore aux allures militaires. Un ondoiement rythmé de Clap, Clap, Clap“C’est un langage très simple basé sur la théâtralisation”, explique Malachi Farrell parlant de “cette frayeur que j’ai toujours eu sur l’ordre”. L’artiste essaie d’en décoder les règles. “Je voulais aussi parler de la froideur du monde moderne.”

Vernissage de l'expositionDans une autre salle plongée dans la pénombre, des candélabres de chaussures se mettent à parler, “nazillent” des mots fantomatiques. C’est Strange fruits, une pièce plus récente, réalisée en 2010. Ces chandeliers vétustes sont pour lui la représentation d’un désarroi identitaire actuel “où nous sommes tous, amalgamés et individuels à la fois”.

Pour chaque oeuvre, l’artiste est allé puisé son ancrage dans le factuelThe shops are closed fait référence par exemple à la fermeture des boutiques lors du conflit d’Irlande du Nord. Strange fruits à la chanson sur le lynchage d’un noir américain. Malachi Farrell transpose ainsi son inspiration à la situation mondiale actuelle, où l’environnement est détruit par la misère sociale et l’inconscience écologique. “Ce sont des sujets qui peuvent être considérés comme violents. C’est un monde inquiétant, le nôtre… dont on ne peut s’échapper que par l’humour.” Une sorte de critique sociale, Les Temps modernes façon Farrell.

Expo le garage3Ses mises en scène spectaculaires plongent le visiteur dans un tohu-bohu de sons et d’images, bouscule les émotions, peurs, frayeurs… L’artiste emploie des matériaux et des objets le plus souvent récupérés, qu’il mêle ainsi à des dispositifs technologiques pointus relevant de l’informatique, de l’électronique et de la mécanique, ainsi qu’à des images et des slogans. “J’utilise le robot comme figure de l’antagonisme homme/société. Il devient l’acteur principal de petites saynètes où il apparaît à la fois victime et bourreau.” Des montages qui happent le spectateur, “le prennent physiquement à partie”. Une sorte de fable contemporaine.

Malachi Farrell, jusqu’au 16 novembre au Garage, 19 au 21 avenue Edouard-Herriot. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h et dimanche de 15h à 18h. Entrée libre.

Pour en savoir plus sur l’artiste, son site: http://www.malachifarrell.com.

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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