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Ma vie en déconfinement: Xavier Icher, pharmacien (25)

Gel hydroalcoolique, paracétamol, chloroquine, masques… Parce qu’elles pouvaient délivrer ces produits ou parce que, justement, elles ne le pouvaient pas, les officines se sont retrouvées au cœur de bien des attentions. Un pharmacien témoigne.

Lieu de conseils, d’informations où l’on peut venir gratuitement et sans rendez-vous, les pharmacies se sont retrouvées au premier plan en ce temps de crise sanitaire et les pharmaciens en première ligne.

Sens de circulation, marquage au sol pour matérialiser les distances à respecter, Plexiglas entre les caisses, désinfection et lavage du comptoir et des mains encore plus fréquemment que d’ordinaire… les pharmacies, restées ouvertes depuis le début du confinement, ont dû adapter leurs espaces. Elles ont aussi accueilli la ruée de nombreux clients sur certains produits, gel hydroalcoolique, thermomètre et paracétamol en tête; ainsi que leurs nombreuses questions. Des questions qui ont évolué avec le temps, au rythme des différents rebondissements…

« En ce moment, toutes les questions concernent les masques mais ce n’était pas le cas il y a un mois et demi », se souvient Xavier Icher. Toutes les attentions se concentraient alors autour du gel hydroalcoolique puis sur les traitements, les vaccins. « Pour la chloroquine, on a eu quelques demandes mais elle est uniquement délivrée sur ordonnance. Ça n’a pas duré longtemps car tout a très vite été encadré. »

Tout cela, c’était avant. Il y a quelques semaines, quelques jours seulement. Aujourd’hui, tout le monde est focalisé sur les masques. « Les pharmacies n’étaient pas autorisées à en vendre jusqu’à récemment. Le petit stock que nous avions était réservé aux professionnels de santé et aux aides à domicile. Dans la grande majorité, les gens se sont montrés compréhensifs. » Mais depuis peu, les pharmacies ont eu l’autorisation de vendre des masques, objet si convoité par temps de pandémie, et ils sont en cours d’acheminement dans le cadre de livraisons cadencées. Deux types de masques sont attendus, les chirurgicaux jetables dont les prix sont encadrés et ceux en tissu lavable dont le tarif dépend du fournisseur mais aussi du modèle. « Certains sont lavables 5 fois quand d’autres le sont 30 ou 40 fois », pointe le pharmacien.

« Nous avons eu beaucoup de demandes pour des réservations de masques», confie-t-il. C’est compliqué car nous ne savons pas exactement quelle quantité nous allons recevoir. » Une chose est sûre cependant, « les personnes fragiles et souffrant de maladies chroniques seront prioritaires. »

Pour limiter la propagation du virus, le masque apparaît aujourd’hui comme une évidence, un incontournable. « C’est un plus, un complément », nuance le pharmacien qui rappelle l’utilité des gestes barrière et du lavage de mains. Des conseils qu’ils prodiguent aux clients dans cet espace où le lien social perdure encore comme en atteste l’identification des officines comme centre de secours pour les femmes victimes de violences. Une formalisation de ce qui pouvait avoir parfois cours ponctuellement à la faveur d’une confidence échangée à l’abri de l’officine. A l’heure où les structures qui prenaient d’ordinaire en charge les femmes victimes sont fermées, il fallait trouver, pour effectuer cette mission d’orientation, un lieu ouvert et sûr : la pharmacie a aussi joué ce rôle-ci.

 

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

Jennifer BRESSAN, Photos : Diarmid COURREGES

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