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Ma vie au temps du confinement : Jacques Rupp, ambulancier (12)

Eux aussi sont en première ligne. Les ambulanciers sont les premiers dans la chaîne du soin à entrer en contact avec les malades. Jacques Rupp travaille à Brive Ambulance Auriel et décrit ici ses missions et inquiétudes.

Assurer le transport des malades et des blessés, c’est le cœur de leur métier. Mais, depuis la crise sanitaire, la prise en charge de tous les transports non urgents a dû être suspendue. « Il n’est plus question de transporter des personnes chez le kiné ou même des enfants en VSL dans des centres spécialisés, chez l’orthophoniste ou le CMPP (centre médico-psycho-pédagogique) », pointe Jacques Rupp. « On continue seulement de prendre en charge les personnes en dialyse, celles qui suivent une chimiothérapie ou doivent faire des rayons ainsi que les opérations programmées et qui ne peuvent pas attendre. » Conséquence de cette baisse d’activité, une mise au chômage partiel. « Lorsque l’on est de garde départementale avec le Samu, le planning est fait au mois, le reste du temps, nous recevons le soir vers 17h nos missions pour le lendemain. »

Il faut ajouter à cela des difficultés d’approvisionnement en masques dans les premiers temps. Ces professionnels n’ont en effet pas été identifiés comme prioritaires au début de la crise pour la distribution de masques. « Pendant longtemps, on ne nous en donnait qu’au compte-goutte. » Aujourd’hui la situation s’est améliorée. Ils ont les masques chirurgicaux dont ils ont besoin, plusieurs FFP2 par ambulance ainsi que des kits complets pour prendre en charge une personne atteinte par le Covid-19 et qui contiennent une grande blouse avec capuche, des sur-chaussures, gants, masque et lunettes. « Notre entreprise a transporté plusieurs personnes atteintes du Covid-19 de leur domicile à l’hôpital ou de l’hôpital vers les Cèdres », souligne l’ambulancier.

Dans ce métier de proximité, les contacts avec toutes les personnes prises en charge ont évidemment dû être réduits au minimum. Plus de poignée de mains bien sûr et, dans les VSL, leur installation à l’arrière et non plus à côté du chauffeur… « Et, poursuit-il, même si sur place, au travail, nous pouvons nous doucher et laver nos tenues, nous avons toujours la crainte de ramener le virus à la maison “. Un virus invisible: «J’ai un collègue qui a amené en VSL un monsieur pour une dialyse. En arrivant à l’hôpital, le thermomètre a indiqué 38. Il s’est avéré qu’il avait le Covid-19.» Et d’ajouter: “A ce jour, il n’y a pas de test pour nous, alors même que nous sommes les premiers à entrer en contact avec les malades » et donc potentiellement les premiers vecteurs de contamination…

Malgré la crise et dans ce contexte, l’ambulancier reste serein et confiant. « Les personnes transportées aussi sont rassurées. Elles savent que les véhicules sont désinfectés tous les jours et les ambulances après chaque transport. Nous avons même un appareil pour désinfecter l’air. Mais c’est étrange », termine-t-il, ce sont plutôt les gens de notre âge qui ont peur. Les personnes âgées, qui sont pourtant les plus vulnérables, ne sont pas les plus paniquées. »

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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