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Lucien de Carvalho nous a quittés

Lucien de Carvalho aura marqué des générations de gamins et de parents tant il a consacré sa vie à redresser les inégalités sociales. L’instituteur, directeur d’école, puis longtemps président du TUCCS, nous a quittés hier, mardi 20 septembre, à l’âge de 78 ans.

Comme Michel Peyramaure avec une école qui porte désormais son nom, Brive avait su honorer Lucien de Carvalho de son vivant. Il y a deux ans, la municipalité avait en effet apposé une plaque à son patronyme sur le bâtiment Latreille à Gaubre, nouveau siège de son association chérie, le Tujac culturel social et sportif. Une reconnaissance pour son engagement viscéral comme bénévole et pour son attachement à cette partie ouest de la ville. Il avait même racheté l’ancienne maison de directeur de l’école Jules Romains pour continuer à y habiter et entendre “la marmaille sous la fenêtre”.

Ce pur produit de la méritocratie républicaine, né le 2 janvier 1944 à Aubazine, aura accompagné des générations de gamins. Lucien de Carvalho a enseigné à Jules Vallès aux tout-petits de CP, à Beaulieu où il aura eu comme élève celle qui deviendra sa coprésidente, Jeannine Roche, son binôme à l’engagement parallèle, à Objat où il a émigré dix ans et surtout à Jules Romains, comme directeur d’école avec les CM2. « Pendant deux septennats, 14 ans », plaisantait-t-il avec ce regard taquin et cette fibre politique toujours à fleur de peau. La dernière année, il s’octroiera juste les CP « pour le bonheur d’avoir ma petite-fille en classe ».

C’est aussi à Jules Romains que Lucien de Carvalho ressuscite un TUCSS moribond pour en faire un vecteur d’intégration dispensant, pour une cotisation dérisoire, soutien scolaire, cours d’apprentissage, activités culturelles, sportives, atelier d’informatique, de cuisine, sorties, visites… Toujours ce même combat pour une société plus égalitaire.

À la retraite depuis 2002, « le maire de Tujac », comme on le surnommait (une notoriété qui lui a ouvert nombre de partenariats pour son association), n’a jamais cessé d’accompagner les jeunes des quartiers ouest de Brive. Grâce à lui, beaucoup auront trouvé leur chemin de vie. Pas à pas. Ce travail de fourmi aura profité à des générations de jeunes et à leurs familles. Où qu’il se déplaçait, il y avait d’ailleurs toujours quelqu’un(e) pour venir lui témoigner reconnaissance. Beaucoup de jeunes qu’il a accompagnés hier se sont à leur tour impliqués pour ceux d’aujourd’hui. Un maillage contre les fléaux de l’exclusion et du sectarisme. Une santé devenue plus fragile avait altéré ses forces, mais pas sa conviction à vouloir adoucir le monde.

« Travailler sur le vivre-ensemble. Tout passe par l’éducation et le respect de l’autre. À partir de là, tout est possible. » Telle était sa conviction. Une implication de l’ombre qui a le spectaculaire du quotidien, faite de tolérance, de patience et d’abnégation. Assurément une belle trajectoire au service des autres que cette citation de Ian Renaud peut abonder : « La qualité de notre vie est directement proportionnelle à l’intensité de nos engagements. »

Brive mag’ présente à sa famille, sa fille Sylvie, ses proches, ses plus sincères condoléances.

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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