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L’Europe est la fille de l’épopée et de l’utopie

Dans Nous, l’Europe. Banquet des peuples, le romancier et dramaturge Laurent Gaudé a choisi la voie singulière du poème en vers libres narratifs pour raconter l’histoire de la construction européenne. Un lyrisme d’une puissance étonnante pour raviver notre ADN commun. Audacieux !

Il l’avoue lui même avec un petit sourire : « L’Europe, il n’y a pas sujet plus chiant. Lorsque j’ai annoncé à mon éditeur que c’était le thème de mon prochain livre et qu’en plus j’allais le traiter par le poème… » S’il a choisi cette forme littéraire, c’est justement pour amener le thème sur ses terres à lui, l’écriture. « L’Europe souffre d’un manque cruel de passion citoyenne. J’avais envie par le biais du lyrisme de lui insuffler cet enthousiasme. »

L’auteur a ainsi cheminé à travers les siècles avec « une boussole double » pour rendre compte de la réalité tout en suivant sa propre construction littéraire. « Notre histoire est très tumultueuse et passionnante. Nous sommes tous des enfants de l’épopée et de l’utopie. » Et il en fallait pour construire un destin commun. Laurent Gaudé retrace ainsi à grandes enjambées la concrétisation « d’une idée aussi folle qu’inouïe »: réunir autour d’une même table les peuples européens, non pas par la soumission mais par l’adhésion, avec, pour fondement du banquet, les idéaux humanistes.

« Vous avez déjà essayer de vous mettre d’accord lors d’une réunion de copropriété à 27? » s’amuse-t-il. « C’est éminemment compliqué et c’est normal que ça aille lentement. Cela fait 27-30 ans que l’on apprend ce compromis. » Et cette informité politique peut devenir un atout à l’heure où les enjeux deviennent planétaires. « Peut être notre culture de la concertation nous donnera-t-elle un peu d’avance. » Une histoire commune, un héritage que l’on semble avoir oublié. « C’est un héritage déposé en nous et que nous devons transmettre. Il a pour mots clés humanisme, paix, prospérité et lumière. Si demain on m’annonçait que c’est fini, je serais très triste. » Joli plaidoyer!

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Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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