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Les lycéens d’Arsonval rencontrent le réalisateur Alain Cavalier

Dans le cadre du festival de moyen-métrage qui se clôture dimanche, le Rex a accueilli cette semaine les lycéens d’Arsonval option audiovisuel. L’occasion de faire plonger les jeunes passionnés dans la magie du cinéma.

“Ce qui m’a donné envie de devenir réalisateur? Les grands visages de femmes sur les écrans dans mon enfance”,  répond le réalisateur Alain Cavalier après quelques secondes de réflexion. “C’est sans doute par intérêt amoureux pour les femmes , pour voir cette émotion sensuelle qui se dégage des actrices”, poursuit-il, plongeant son auditoire dans la magie révélatrice du “face caméra”. Dans la salle, quelque 200 élèves de première et terminale option audiovisuel du lycée d’Arsonval écoutent avec sérieux. Avec dix-huit films pour les salles et plus d’une cinquantaine de documentaires et court-métrages à son actif, Alain Cavalier sait que le cinéma est prenant de fascination… et d’efforts. ” Le montage a évolué: la magie technique du cinéma n’existe plus. Aujourd’hui il faut surtout avoir du bon sens et être en accord avec ses collaborateurs pour réaliser un montage pertinent”, explique t- il aux élèves. “Les smartphones permettent de filmer en ayant une grande qualité d’images. Mais est-ce qu’on peut vraiment être un cinéaste avec un téléphone?”, s’interroge une des lycéennes. “La technologie nous permet de filmer autrement, sans argent. Tout est intéressant quand on a envie de filmer. Une caméra, un téléphone: tout est un outil pour nous, ouvriers du cinéma”, répond-il avec justesse.

S’il aime mêler fiction et réalité dans ses œuvres, il sait aussi que filmer  des tranches de vie quotidienne, dans laquelle les acteurs ne sont pas de mise,  révèlent toute la splendeur et la simplicité du grand écran. “Quand le cinéaste est face au filmé, qui est tout seul, alors tous deux sont à égalité et c’est ça qui est magique.”

Après son intervention d’une vingtaine de minutes, les lycéens sortent de la salle, délaissant la lumière artificielle pour celle du soleil. Dans la cour du Rex, boulevard général Koenig, tous discutent de cette rencontre, encore envoûtés par les paroles du réalisateur. Parmi eux, Ysé et Ana, 17 ans, ont le sourire aux lèvres et ce regard si expressif du questionnement. “Cela donne vraiment une idée de ce qu’est ce métier”, admettent-elles. Toutes deux aimeraient, idéalement, travailler dans le cinéma mais elles savent que le chemin est long et que la chance doit aussi en faire partie. “C’est compliqué d’arriver à un tel niveau, c’est très ambitieux.” Toutes deux ont réalisé un court-métrage pour leur option. Ysé a filmé sa mère, dans “la vraie vie”; Ana, elle, a choisi un autre format pour analyser la place de la femme de la société. Deux sujets qui “nous donnent l’occasion de nous exprimer”, concluent-elles sans détour. Avec magie et émotion.

 

Elise Bonneval

Elise Bonneval

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