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Les cours d'histoire de l'art plébiscités au-delà des espérances

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Initialement prévue au musée Labenche qui porte le projet, la première séance du cycle sur l’histoire de l’art s’est déroulée hier soir dans la salle d’honneur de la mairie du fait de l’importante affluence.

conference hist artNée d’une “volonté commune et transversale de la Ville, son centre d’art plastique (CMAP) et son musée Labenche”, comme l’a rappelé Jean-Marc Comas, maire adjoint en charge de la culture, la première séance du cycle sur l’histoire de l’art a fait salle comble hier soir. Les organisateurs, tablant sur une cinquantaine d’inscrits, avaient d’abord pensé organiser la conférence dans une salle du musée. Ils ont dû se raviser devant l’importance de l’affluence. Plus de 100 personnes, dont une grande majorité d’élèves du CMAP, se sont en effet présentées hier soir, salle d’honneur.

“L’idée de cette première séance et des 5 prochaines, centrées cette année sur le portrait”, a expliqué Mathilde Humbert, conservatrice du musée Labenche, “est de transmettre aux participants des outils pour qu’ils puissent faire leur propre interprétation d’un tableau en dépassant leurs sensibilités. Aussi, il convient d’être suffisamment généraliste pour satisfaire les novices et assez pointu pour intéresser les personnes déjà sensibilisées.” Loin  de tout dogmatisme mais au contraire dans un esprit de décontraction salué par les participants, Mathilde Humbert s’est ainsi attachée durant une heure à naviguer des généralités aux précisions pour intéresser le plus grand nombre.

public2Pour cette première, “il s’agissait de se rencontrer, de livrer du vocabulaire, des outils nous permettant, à l’avenir, de travailler sur des bases communes“. La signature, généralisée entre le XVI et le XVIIe siècle, l’apparition du titre, inventé au moment des Salons, les dimensions qui sont loin de n’être que des détails, mais encore les techniques (dont celle de la peinture à l’huile qui, avec la toile, révolutionna l’histoire des arts dans sa pratique et son commerce), les dommages du tableau et les outils existant pour les détecter (lumière rasante, ultraviolet, infrarouge et rayons x) ont été autant de points abordés; l’ensemble dessinant les contours de “la carte d’identité de l’œuvre”.

Généraliste, la conservatrice a donc aussi su rentrer dans les détails de certains tableaux, “dans leur chair”, image à l’appui. Cette profondeur pouvant être illustrée par le focus fait sur l’œil du docteur Gachet de Van Gogh, révélant l’étendue du travail du peintre qui, tel un pointilliste, a juxtaposé nombre de couleurs dont la diversité est impossible à embrasser au premier coup d’œil.

publicEn outre, elle a aussi pointé, pêle-mêle, l’histoire rocambolesque de certaines toiles (L’Adoration de l’agneau mystique), le fragile équilibre qui doit guider les conservateurs et restaurateurs dans leurs choix et leurs travaux, entre respect de l’œuvre et considération de son histoire, la pudeur qui, au fil du temps est venu habiller la nudité de certains Adam et Eve avec des feuilles de vigne ou, au contraire, l’absence totale de pudeur à laquelle doit se résigner Mona Lisa qui a été regardée sous tous les angles grâce à toutes les techniques existantes: “Pour rien! Le tableau n’a rien livré de ses secrets, il a été fait sans repentir (différent de la retouche et du repeint, il désigne  la partie du tableau qui a été recouverte par le peintre pour modifier en profondeur la toile). La Joconde reste donc un mystère, ce qui est loin d’être le cas d’autres tableaux montrés, comme la fameuse Olympia de Manet qui fit scandale à l’époque du fait  de “son regard plein d’insolence et d’indolence”. L’analyse de la toile, à la lueur des technologies, a révélé que le peintre avait visiblement mis du temps à trouver son expression. Bref, une foule de grandes considérations et de petits détails passionnants qui, mis bout à bout, éclairent l’histoire de l’art en général, le portrait en particulier.

Prochaine séance, le mercredi 17 décembre autour de la naissance du portrait, de l’époque médiévale jusqu’au 17e siècle. A noter également que, pour des raisons de disponibilité, elle ne se tiendra pas, contrairement aux 4 suivantes, salle d’honneur. Le lieu reste à définir. Plus d’infos auprès du musée au 05.55.18.17.70.

Sur ce même sujet, vous pouvez consulter notre précédent article:

 

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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