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Le Local jeunes inauguré à Tujac

Ils ont entre 12 et 25 ans et ont envie de changer un peu les choses à partir de ce Local et de se prendre en main. Une quinzaine d’entre eux ont échangé avec le maire Frédéric Soulier et étaient très heureux de lui présenter ce lieu qu’ils ont d’ailleurs contribué à nettoyer et agencer et dans lequel ils sont accompagnés par le centre municipal Jacques Cartier.

Il s’agit d’un ancien logement de fonction de l’école, juste derrière le centre socioculturel municipal. Après un an de gestation, ce “local jeunes” que les jeunes appellent tout simplement “Le local”,  a vu le jour à la rentrée et continue de s’aménager au gré des réflexions et des moyens. Donc pas de coupure officielle de ruban. L’inauguration s’est faite de façon informelle mais bien plus riche: une rencontre en tête à tête avec le maire pendant deux heures. Rien que le maire, assis parmi eux. Tout le monde se serrait sur les canapés récupérés à la Ressourcerie. Avec une réelle envie de mieux se connaitre.

Ils étaient une quinzaine de jeunes au rendez-vous et attendaient à l’évidence cette rencontre. Ils avaient d’ailleurs préparé un power point pour expliquer ce qu’ils ont fait, leurs envies, les problèmes rencontrés et leurs propositions.

“Ici, on peut venir pendant notre temps libre, cela nous évite de traîner dehors. On s’y sent en sécurité avec nos animateurs et éducateurs. On peut parler de divers sujets, de problèmes personnels. On peut faire nos devoirs, manger tous ensemble, vivre des moments entre nous, organiser des sorties, des animations, rencontrer des gens qui peuvent nous aider pour notre orientation, rechercher des stages…” Comme un phare, mais discret, où ils peuvent tout simplement se retrouver et se poser.

Le lieu n’en a pas moins ses règles auxquelles ils se plient: “Pas de bruit dans l’escalier pour ne pas déranger la voisine. En arrivant, on se note sur le cahier de présence. En général, on goûte, on discute, on fait nos devoirs, une activité… Mais on doit respecter l’autre et avant de partir, on doit nettoyer, remettre tout en place.”

S’ils en prennent autant soin, c’est qu’ils ont aussi participé à son aménagement et concrétisé le vivre ensemble. “On a d’abord aidé à débarrasser le local, puis on l’a nettoyé. On a aussi participé au choix des meubles à la ressourcerie, à leur nettoyage, à faire quelques travaux. On aimerait bien avoir un peu plus de décoration. Avec les éducateurs, on fait faire des devis…”, expliquent-ils posément à tour de rôle.

Ils ont des propositions pour améliorer ce lieu de vie. Ils savent que toutes ne sont pas réalisables dans l’immédiat. Mais ils espèrent bien voir les plus abordables aboutir: “On a que cette petite poubelle, il en faudrait d’autres pour le tri. Et un porte-manteau pour éviter que nos affaires trainent un peu partout.”

Ce projet de local s’intègre dans la mission plus large de “pole jeunes” du centre Jacques Cartier, en complément du ALSH ados. “Tout repose sur un lien de confiance, nous les accompagnons dans leur autonomie et leur épanouissement”, résume la directrice Émilie Josse. “Nous les accompagnons dans leur parcours scolaire, les orientons vers les partenaires adéquats, les sensibilisons sur les comportements à risques…”

Pour en arriver là, le chemin a duré près de deux ans. Les jeunes ont partagé diverses activités et même un “séjour de rupture” de 3 jours et 2 nuits dans la nature, en tente, sans portable… quasi coupés du monde, dont ils gardent un souvenir mémorable avec une vidéo pleine d’humour. Ils ont surtout leur grand projet: “On travaille à créer une association junior pour financer tout ce qui ne peut pas être pris en charge par la collectivité”, expliquent-ils. “On vendrait des gâteaux et boissons et on proposerait des animations pour notre quartier. Cela permet de nous donner une certaine maturité et de l’autonomie. C’est une entrée dans la vie d’adulte”, disent-ils avec beaucoup de lucidité. Une belle rencontre qui met en lumière un travail de terrain, patient, qu’accomplissent avec bienveillance, compréhension, mais rigueur, les éducateurs avec en première ligne Rémi et Gaëtan. D’ailleurs les jeunes ont tenu à poser avec eux devant le graff ornant le couloir. “Leur” graff, signé certes par le graffeur Madone, mais pour lequel ils ont, là aussi, participé à la conception.

 

 

 

 

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Fatima Kaabouch

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