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Le Japon rendu visible

“Japon invisible” était le thème de ces 3e Journées des arts sacrés qui se sont déroulées tout le week-end. Création de Yökai (personnages surnaturels), exposition d’Ikebana (art floral), cérémonie de thé et dégustation, conférence, séance de cinéma… autant de portes ouvertes sur une autre culture avec ce rendez-vous annuel de plus en plus apprécié par le public. Prenez déjà date pour “2020 avec l’Inde”, a dévoilé l’adjoint au maire Jean-Marc Comas.

“Il n’y a aucun geste inutile”, expliquait Tereda San à la trentaine de personnes venues assistées hier après-midi à l’une des cérémonies de thé au musée Labenche. Nattes en bambou, paravents de papier, kakemono et décoration florale… décor épuré pour recréer l’ambiance entre les tapisseries de Mortlake.

En kimono, déplacements feutrés et gestes mesurés, la sensei (professeur) et son assistante ont déroulé en silence cet art ancestral très codifié du chanoyu: de la manière de disposer les objets nécessaires, de placer derrière soi l’éventail, d’utiliser le carré de soie pour nettoyer les objets, de se servir de la louche pour verser l’eau, de tourner trois fois le bol, de pencher la tête pour en admirer la beauté… Un temps hors du temps. Une vraie découverte pour l’assistance plongée dans une expérience très apaisante. Encore imprégné de cette sérénité respectueuse, chaque invité a pu déguster un gâteau à base de pâtes de haricots rouges et de riz gluant, savamment enveloppé dans un écrin de papier, et savourer le thé matcha. “La cérémonie de thé dure une journée, vous avez assisté à la dernière partie”, raconte cette professeur de japonais qui a créé à Limoges l’association Wabisabi afin de rendre plus palpable ce Japon invisible à nos yeux d’Occidentaux.

Les ponts jetés vers cette autre culture ont jalonné le week-end. Petits et grands se sont amusés à dessiner leurs Yokai, créatures surnaturelles qui peuplent le folklore japonais, avec Cécile Brun et Olivier Pichard, les deux auteurs BD de Onibi – Carnets du Japon invisible. Curieux et amateurs ont également pu voir ou revoir au cinéma Le Voyage de Chichiro, admirer les éphémères bouquets d’ikebana auquel se sont formées les membres de l’association florale Les Asphodèles, approcher les mythologies, syncrétisme médiéval, et histoires des idées au Japon avec l’éminent spécialiste Alain Rocher, directeur d’études à l’école pratique des hautes études en sciences sociales…

La parenthèse s’est refermée sur l’Empire du soleil, reste encore “visible” jusqu’au 4 mai à la médiathèque l’exposition Yôkai de l’artiste franco-japonais Takuma Shindo.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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