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Le Cinéma Rex, raccord avec la Foire du livre

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Le cinéma Rex art et essai propose cette année une programmation en lien avec la Foire du livre dont la 35e édition aura lieu les 4, 5 et 6 novembre. A chaque jour suffit son film…

 

Le lien est évident: ce sont des livres qui ont inspiré les trois films programmés par le Rex pour la Foire du livre. Trois beaux films, sortes d’hommage chacun à leur façon, mais dans trois registres totalement différents. En commençant vendredi 4 novembre à 20h par Jodorowsky’ Dune réalisé par Franck Pavich. Ce documentaire raconte la tentative d’adaptation don quichottesque du célèbre roman de science fiction Dune par Alejandro Jodorowsky. duneUne aventure surréaliste qui a presque conduit le réalisateur à la folie, tant il a mis de son âme dans le projet. Dune de Frank Herbert est à la base l’une des sagas littéraires de science-fiction les plus connues au monde. L’histoire de Paul Atréides et de ses descendants compte des millions de fans de par le monde et chaque projet qui touche à cette œuvre les fait sursauter. Dix ans avant le film de David Lynch, Alejandro Jodorwsky s’y est largement cassé les dents.

Après 2 ans et des millions de dollars dépensés, le projet pharaonique du réalisateur chilien est finalement tombé à l’eau. “Jodo” ne voulait pas simplement faire le plus grand film de tous les temps, une grande fresque de plus de quatre heures: il voulait “changer le monde” en créant une œuvre d’art et révolutionner le monde des effets spéciaux dans une époque où un certain Star Wars n’avait pas encore vu le jour. Il travaille alors Salvador Dalí au corps pour lui donner le rôle de l’empereur, engage Amanda Lear pour le rôle de sa fille (Irulan), promet monts et merveilles à Orson Welles pour le faire apparaître à l’écran, entraîne son fils pendant des mois pour le rôle de Paul Atreides, réunit des artistes pour créer l’univers du film comme Giger (qui ira ensuite travailler sur Alien), Moebius, le groupe Pink Floyd ou Dan O’Bannon… Un générique à faire rêver. C’est aussi pour toute cette démesure que le documentaire mérite largement d’être vu. Et l’on s’apercevra que si le film n’a pas vu le jour, ses storyboards ont été réutilisés dans d’autres œuvres. Durée du documentaire: 1 heure 25. Séance gratuite.

Réparer les vivants, samedi 5 novembre à 20h30, est une adaptation du roman éponyme de Maylis de Kérangal. La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Katell Quillévéré. Un film avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval. Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. reparer-les-vivantsDésormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie. Réparer les vivants fut d’abord un livre de Maylis de Kerangal, publié en 2014 et couronné d’une cohorte de prix mérités. Un livre qui a inspiré plusieurs pièces de théâtre.

La réalisatrice de Suzanne s’empare donc de ces 24 heures de la vie d’un cœur de 19 ans, celui d’un jeune accidenté de la route qui va être transplanté comme le reste de ses organes aux quatre coins de la France. La cinéaste réussit ici le mariage complexe et a priori impossible entre la description au scalpel de ces situations quotidiennes et de vraies envolées lyriques et romanesques. Comme cette route qui devient océan et cette vague qui s’abat au moment de l’accident de ce jeune surfeur. Son film fait audacieusement cohabiter l’onirique et le concret, la beauté de l’espoir et la dureté du quotidien. Le tout avec une douceur inouïe. Durée du film: 1 heure 43. Tarifs: 3,50 à 7 euros.

 

affiche-honore-4-dessinM. Honoré, dimanche 6 novembre à 11h, est un documentaire sur le travail et la personnalité du célèbre dessinateur tué dans l’attentat à Charlie Hebdo. On le doit à Baptiste Drapeau, étudiant à la Femis (l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son). On y revoit ce muet qui faisait du bruit, le travail du dessinateur filmé avec malice, les interventions d’Hélène, sa fille, qui sera d’ailleurs présente au moment de la projection. Apparaît également Catherine Meurisse, collègue de travail du géant des Batignolles mais aussi bonne copine pleine d’affection. Le libraire favori du dessinateur, Hervé, témoigne du quotidien d’Honoré, toujours l’œil à l’affût, curieux, avide de contacts. Les rebus succèdent aux dessins politiques, les planches énigmatiques suivent des scènes gentiment érotiques. Ce portrait d’un grand dessinateur, fils de Valloton et Gustave Doré, est monté avec vivacité.

Pour le réalisateur Baptiste Drapeau, il s’agit d’un témoignage affectif.  Il a représenté le dessinateur sous forme de fragments animés. C’est lui, Baptiste, qui a réalisé ces caricatures bon enfant. Le réalisateur n’a pas oublié ses années passées à Estienne où il s’adonna au dessin d’animation. Les cinq dernières minutes du documentaire sont consacrées à l’apparition du créateur sous forme de photos inédites et de mini-films amateurs. L’émotion, du coup, affleure. Une jolie incursion aussi dans le monde caustique et irrespectueux de la caricature. Durée du documentaire: 47 min. Séance gratuite.

Infos au 05.55.23.29.01 et sur cinemarex.org.

A propos de la Foire du livre 2016, vous pouvez consulter nos précédents articles:

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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