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Le bon arbre au bon endroit

La Ville de Brive a recensé et diagnostiqué les quelque 8500 arbres d’alignement et parc sur l’espace public, chacun est désormais géolocalisé avec son état sanitaire. Elle a ainsi défini un plan de gestion sur 10 ans, avec un programme de taille ou de remplacement qui obéit à un grand principe: “un arbre abattu = un arbre replanté”… mais pas forcément de la même essence et au même endroit afin de s’adapter à une meilleure intégration dans l’environnement urbain.

DOPA? Non, il ne s’agit pas d’une espèce végétale insolite mais du Document d’orientation du patrimoine arboré dont vient de se doter la Ville. Le “pendant du Plan voirie” pour le maire Frédéric Soulier qui l’a présenté à la presse vendredi dernier, entouré de son adjoint à l’aménagement urbain Jean-Pierre Vernat et de son conseiller délégué aux espaces verts Jean Daniel Vilatte. Le document entièrement réalisé en transversalité par les services municipaux fournit pour la première fois une base informatique cartographiée de l’arbre dans la ville. La position GPS de chaque arbre y est répertoriée avec sa fiche diagnostic, les tailles effectuées, son espérance de maintien…

“C’est un document de cadrage qui nous donne une perspective du renouvellement de notre patrimoine arboré pour les 10 ans à venir selon trois critères: l’état phytosanitaire de l’arbre, son emplacement au regard de la circulation des personnes à mobilité réduite, sa proximité avec les façades. La ville évolue, la place de l’arbre dans la ville aussi, l’un avec l’autre et non l’un contre l’autre. Nous faisons ainsi le choix d’une intégration raisonnée de l’arbre dans son environnement urbain.” Pour preuve: le principe qui préside à cette gestion: un arbre abattu équivaut à un arbre replanté. Mais en opérant un choix éclairé.

“Beaucoup d’implantations ont été faites dans les années 1980-1990, avec des espérances de vie de 30 ans.” En 15 ans, la moitié des arbres de la première ceinture a d’ailleurs été renouvelée. “Aujourd’hui, ces arbres d’alignement ont un état dégradé et posent parfois des problèmes de sécurité”, explique Matthieu Beringuier, le “monsieur arbre” de la Ville.

“Certains arbres posent aussi des problèmes d’intégration: ils gênent le passage des PMR sur le trottoir ou sont trop proches des façades, ce qui engendre des coûts d’entretien trop importants. Il s’agit de ne pas reproduire les erreurs du passé, en choisissant mieux les implantations et la forme d’arbre à l’âge adulte, les essences qui offrent des ambiances paysagères différentes et qui résistent mieux aux changements climatiques… Nous ne replantons pas tout à fait au même endroit, en laissant la place libre aux PMR et moins proche des façades.”

Cet état des lieux a ainsi permis de définir un programme des abattages, des replantations et des tailles. Il en ressort des priorités de réaménagements selon trois séquences de plantation:

  • en 2019, 282 arbres vont être plantés, des platanes de remplacement sur la première ceinture des boulevards, des arbres d’alignement, d’ombrage ou champêtre boulevard Mirabeau, au parc de la Guierle, sur la voie verte, le parking des Trois Provinces…
  • 2020-2024, sur la deuxième ceinture urbaine,
  • 2025-2028, en sortie de ville et sur les axes Turgot, Ribot, Malraux…

Au total, 608 arbres vont être replantés. “La dernière action forte remonte aux années 1980-1990”, rappelle le maire. “C’est un travail d’une extrême complexité qui nous donne une excellente vision sur notre patrimoine arboré et comment il va grandir avec la croissance de la ville. Cette parfaite connaissance va nous permettre d’avoir une intervention la plus adéquate.” Par exemple, l’érable negundo qui représente 16% du parc, pousse trop vigoureusement et pose des problèmes d’entretien. “Nous allons privilégier de nouvelles essences plus adaptées, avec un patrimoine diversifié, en évitant ce qui est allergène, en introduisant davantage de végétaux mellifères pour nos abeilles…”

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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