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La danse en partage

Ils étaient une centaine de jeunes danseurs amateurs de tous horizons à s’être présentés aux auditions de juin et octobre (à lire ici) pour participer aux Rencontres chorégraphiques de la Corrèze orchestrées cette année par la compagnie Hervé Koubi. Ils seront 70 à monter sur scène les 7 et 8 juin prochains, au théâtre municipal, pour présenter les six projets en cours de répétitions entre le conservatoire et les Studios.

“Il faut tenir la position?”, souffle une jeune danseuse. “Ça fait mal aux cuisses!” Depuis le début des vacances de la Toussaint, ils sont 70 danseurs venus de Brive, Périgueux, Limoges, Tarbes ou encore Toulouse à répéter assidûment. Les corps sont mis à rude épreuve. Le travail est dense, intense, fastidieux. “L’amplitude de travail est grande”, confirme Guillaume Gabriel de la compagnie Hervé Koubi. “On est presque sur des rythmes de professionnels. Pour certains, les seuls échauffements représentent leur quota habituel de travail pour la semaine!”

Mais les jeunes en redemandent ! C’est pour eux l’occasion de mettre un pied dans le monde professionnel. Aussi, nombreux sont ceux à s’être proposés pour participer à deux ou trois des six projets proposés par la compagnie Hervé Koubi: le néo-classique avec Dominique Cordemans du Malandain ballet de Biarritz, le jazz avec Carl Portal, un ancien danseur de la compagnie briviste, le contemporain avec deux pièces d’Hervé Koubi dont Bref séjour parmi les vivants, et le hip-hop avec Riad Mendjel, un des danseurs de la compagnie.

Si les répétitions sont si studieuses, c’est que le temps leur est compté. Ces deux semaines de la Toussaint représentent leur plus grosse session de travail. “Après cette période, on ne doit plus être dans la mémorisation. Les deux semaines en mars et en avril seront consacrées au nettoyage”, poursuit-il. Comprenez un travail de finitions, d’intentions. “C’est du boulot !”

Pour les danseurs mais aussi pour les intervenants. Exemple avec la re-création de Bref, pièce prévue pour 6 danseurs. “Là ils sont 27!”, souligne Guillaume Gabriel. Cela nécessite quelques ajustements! D’autant que les danseurs sont tous amateurs. “Les professionnels sont en mesure de combler certains espaces, ils savent se débrouiller, faire eux-mêmes des liens. Les amateurs n’ont pas ce recul, cette expérience. Cela oblige à plus réfléchir à la pièce, à la manière dont elle est construite, à la manière de la transmettre. C’est très intéressant pour nous aussi. C’est vertueux pour tout le monde.”

Pour la compagnie Hervé Koubi, tournée depuis le début vers le partage, la transmission, le jeu en vaut vraiment la chandelle. “Dans le cadre de ces Rencontres chorégraphiques, on a vraiment voulu faire quelque chose qui soit représentatif de la pratique amateur.” D’où la multiplication des projets, des intervenants, l’ouverture au classique, hip hop, contemporain et jazz. “C’est maintenant à nous d’assumer le très large éventail ainsi créé, mais le niveau est bon” et l’investissement des jeunes dépasse leurs espérances alors ils prennent leur rôle très à cœur. Et pour cause ! “Le rapport des amateurs à la danse est très beau, il est plein d’amour. Il nous revient d’entretenir la flamme de leur passion.”

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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