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La 33e Foire du livre s'est finie en poésies

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Jean Teulé a choisi de refermer, en poèmes, le dernier chapitre de cette 33e Foire du livre. A son invitation, le comédien Dominique Pinon est venu mettre en voix ses choix, tout à l’heure au théâtre. Plus de 300 personnes se sont laissées séduire.

Spectacle de cloture4“De poésie, on n’est jamais rassasié”, a commencé sans préambule Jean Teulé. D’aussi loin qu’on l’aperçoive, il semble fatigué par son week-end présidentiel, par sa nuit cardinalesque aussi. Fatigué mais satisfait. Désireux de partager avec le public, venu en nombre remplir la grande salle du théâtre, les poèmes qu’il aime.

Celui d’Aragon d’abord. Et l’écrivain de raconter comment, lorsqu’il était jeune adolescent et qu’il pigeait pour un journal local de la banlieue parisienne, il a dû couvrir en photo un banal cortège. Pas si banal que ça puisqu’à un moment donné, il a vu s’en extraire Aragon. Oubliant la mission qui l’amenait ici, il a suivi le poète. Il a bien fait. Il a recueilli un “A Paris, même les taxis ne sont pas libres”, une phrase qui ne restera pas dans l’histoire mais qui a l’avantage incommensurable d’avoir été pour lui seul prononcée. Autre fierté, qu’il a eu à cœur de partager avec les spectateurs: “Je suis le fils du menuisier qui a réparé la chaise d’Aragon pendant que le poète y travaillait.” C’est une longue histoire !

Spectacle de cloture6Longue histoire qui ne doit pas faire oublier le cœur du rendez-vous que le président a tenu à programmer: la lecture de poèmes par Dominique Pinon, comédien souvent associé à Jean Jeunet (Delicatessen, Le Fabuleux destin d’Amélie poulain, Un long dimanche de fiançailles). De sa voix singulière et expressive, le comédien est venu tour à tour mettre en voix La guerre et ce qui s’en suivit d’Aragon, N’écris pas de Desbordes-Valmore, A une passante de Baudelaire mais encore différents poèmes de Rimbaud, Verlaine et du “boss, le Bruce Springsteen de la poésie pour moi: François Villon”, poète médiéval à qui l’écrivain a consacré un roman historique en 2006 Je, François Villon.

Très applaudi, le comédien a sublimé les textes choisis par Jean Teulé, captant l’attention en même temps que l’émotion sur des genres divers, accélérant le débit en lisant Roman de Rimbaud, à juste titre très applaudi, ou encore, adoucissant le ton et réservant sa voix de velours pour Le Sonnet du trou du cul.

Spectacle de cloture5Car avec Jean Teulé, qui parle peut-être d’autant plus cash qu’il est un brin fatigué, cette rencontre dédiée à la poésie a été plutôt rock’n roll par les choix des textes autant que par les présentations qu’en a fait le président qui a l’art de saisir les anecdotes percutantes et de les raconter! Aussi a-t-il par exemple choisi Le Cœur volé de Rimbaud, “un poème peu connu dont, à la première lecture, on ne comprend pas bien de quoi il s’agit”, prévient-il, en indiquant que “tout prend une clarté incroyable si le mot cœur est remplacé par le mot cul”. Voilà Dominique Pinon qui s’exécute. Et de fait tout s’illumine. “Rimbaud est monté à Paris dans les années 1870, pendant la Commune, et dans une caserne, s’est fait violer, probablement par des communards dont il défendait pourtant les idées.”

Après la lecture de nombreuses balades de François Villon, dont la dernière, celle des pendus, il est revenu au président de conclure cette 33e édition : “J’avais envie de cela, d’une rencontre avec trois écrivains (Jacques A.Bertrand, Philippe Jaenada et Serge Joncour), des dessinateurs de bande dessinée et puis, bon sang, de poésie, et, dite avec le talent de Dominique Pinon, c’est quand même vachement bien! Avec ça, moi, je suis bien, je suis content!” Si le président est content alors, tout le monde est content !

 

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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