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“Faire le distingo homme-femme est humiliant”

Agnès Machat ce matin à l'IUT de BriveCe matin, Agnès Machat, chef de l’entreprise de pièces automobiles centenaire LEHM, était l’invitée d’une conférence sur les discriminations envers la femme dans le monde du travail. Son discours pertinent a vanté le côté humain de chacun, sans poser le caractère sexuel comme facteur de différence. “Lorsque je parle d’Homme, je le fais seulement au sens biblique du terme.”

A aucun moment Agnès Machat n’aura flanché. Aux questions mettant en avant le fait qu’elle soit femme, elle n’a eu de cesse de répondre en tant qu’être humain. “Je ne fais pas le distingo entre les hommes et les femmes. Je trouve même humiliant de penser qu’il y a une différence. Nous sommes tous des humains, voila tout.” A partir de là, le débat aurait presque pu être clos. Pourtant, malgré ces propos, les questions ont continué à mettre en avant le côté “femme” de l’intervenante…

La conférence était organisée par cinq étudiantes de licence professionnelle management des organisations“Comment gérez-vous votre vie de famille?” a-t-on demandé à la chef d’entreprise. “C’est une question qu’on ne pose pas aux hommes…” a judicieusement relevé une autre intervenante, membre de l’association SOS violences conjugales. “Lorsque vous négociez des pièces automobiles avec des hommes, ne cherchent-ils pas à vous impressionner vu que vous êtes une femme?”. Sourire d’Agnès Machat: “Une négociation, ça se prépare. Si on connaît son métier et les prix du marché, il n’y a aucun problème”. “Comment ce milieu d’hommes vous a-t-il accueilli lors de votre arrivée à la tête de l’entreprise ? Peut-être pas très bien ?” Encore raté puisqu’Agnès Machat a immédiatement su se faire accepter en mettant en avant ses qualités humaines et ses connaissances professionnelles.

Non, décidément, qu’elle soit femme importe peu. “Les chefs d’entreprises que je fréquente s’intéressent beaucoup à ma façon de manager. Je mise sur l’humain, sur l’esprit d’équipe, sur la motivation de chacun. Je choisis les gens qui travaillent pour l’entreprise, et je ne délèguerai d’ailleurs jamais les ressources humaines.”

L'assistance a été attentiveEn 20 ans à la tête de LEHM, Agnès Machat a doublé les effectifs. Parallèlement, le nombre de femmes a été multiplié par trois. Pas vraiment un choix militant, juste l’envie de collaborer avec des personnes motivées. “Et les femmes choisissant une voie effectivement encore très masculine le sont sans doute plus que la moyenne”, terminera dans un sourire l’intervenante.

Lorsqu’on demande en aparté à Agnès Machat si le fait qu’elle soit femme a changé quoi que ce soit à son parcours, la réponse fuse: “Bien sûr que non!” Lors des échanges, son choix “conscient” de “ne pas se poser en tant que femme pour ne pas ouvrir la brèche dans laquelle certains pourraient s’engouffrer pour me faire dire ce qu’ils ont envie d’entendre” a finalement fait souffler un vent d’optimisme: que l’on soit homme ou femme, le facteur humain reste bel et bien le critère le plus important pour être apprécier des femmes comme des hommes.

Olivier SOULIÉ

Olivier SOULIÉ

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