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Douglas Kennedy, confidence pour confidence

Douglas Kennedy était attendu de pied ferme cet après-midi dans l’espace Gazeau archi-comble. L’auteur prolifique aux ventes record s’est livré avec une simplicité attachante sur son parcours, les secrets de son succès et a partagé avec un auditoire pendu à ses lèvres des questions intimes et universelles, tant et si bien qu’il a récolté en retour des interrogations surprenantes de spectateurs qui plaçaient visiblement beaucoup d’espoirs dans cette rencontre

“Oh mon Dieu!” La question de cette spectatrice a laissé pantois l’auteur américain parfaitement francophone Douglas Kennedy, pourtant assez bavard d’ordinaire. “Je suis dans l’impasse”, a-t-elle lancé debout, micro en main à l’issue de la rencontre. “Vous dîtes qu’il nous revient de trouver le bonheur. Je suis d’accord avec vous mais comment puis-je le trouver en moi-même. J’attends beaucoup de votre réponse.”

Une question surprenante, certes, mais peut-être compréhensible par ceux qui ont assisté à la rencontre de cet après-midi. Le grand gaillard, affublé d’un charmant accent, s’est livré, sans fausse pudeur, et a créé de la sorte un climat de confiance et de confidence. Certains l’ont en tout cas entendu comme tel.

Grand voyageur – il vit toujours entre Londres, Paris, Berlin et Wiscasset, dans l’Etat du Maine – et touche à tout, il s’est d’abord intéressé au théâtre et a co-fondé une compagnie; puis il est devenu journaliste indépendant et a publié des récits de voyages avant de devenir romancier et de rencontrer le succès que tout le monde connaît. “Mon but était de devenir romancier. Ces récits ont joué le rôle d’université pour mes romans.”

Il a gardé de cette expérience une grande finesse dans la description des paysages, des personnages et des villes. “Dans tous mes romans, la ville joue le rôle d’un personnage.” Rapidement rattrapé par sa manie de parler des choses de la vie et notamment la relation homme-femme et la condition humaine, Douglas Kennedy a partagé des convictions intimes avec un public qui n’en attendait pas tant. “Les Américains détestent cette idée selon laquelle la vie serait tragique. Peut-être la France m’a-t-elle corrompu mais je considère qu’il est impossible d’éviter la tragédie. C’est le prix à payer pour vivre“, assure-t-il en étant approuvé dans les rangs par des spectateurs visiblement acquis à sa cause.

Qu’est-ce qu’on veut? C’est finalement la question la plus importante qui soit.” La question que se pose justement Laura, l’héroïne de son dernier roman Cinq jours (Belfond) qui vit une vie étriquée avec un mari qu’elle n’aime plus et qui va rencontrer Richard lors d’une conférence à Boston. Le livre raconte l’histoire de ces cinq jours et de cette passion qui va les transformer. Immanquablement, voilà qu’il glisse à nouveau sur le terrain de la vie: “Si un moment donné on pense “grâce à lui j’aurais le bonheur, c’est un désastre”, lâche-t-il. Et de terminer malgré beaucoup de doigts encore levés pour poser des questions: “Le plus grand défi dans la vie, c’est soi-même.”

Les spectateurs et lecteurs qui seront restés sur leur faim, seront peut-être heureux d’apprendre que Douglas Kennedy est déjà au milieu de son prochain roman qui se passe au Maroc…

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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