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Des lycéens transportés dans l'intimité d'Antigone avec Adel Hakim

Ce matin, Adel Hakim, metteur en scène de la tragédie Antigone de Sophocle, interprétée ce soir par les acteurs du théâtre national palestinien, est allé à la rencontre des lycéens d’Arsonval suivant l’option théâtre. Il leur a offert un éclairage précieux sur l’héroïne tragique et sa mise en scène. Au théâtre à 20h30. Plus d’infos auprès des Treize arches au 05.55.24.62.22.

C’est un exercice auquel il est rompu. Adel Hakim, co-directeur du Théâtre des Quartiers d’Ivry, qui a mis en scène une Antigone palestinienne, intervient fréquemment dans les classes pour sensibiliser les jeunes à la culture, au théâtre particulièrement.

“C’est très important pour nous.” Aussi était-il très heureux ce matin de voir autant de jeunes devant lui: des secondes, premières et terminales du lycée d’Arsonval suivant l’option théâtre prodiguée par Marie-Christine Vélu, également professeur de français.

L’héroïne tragique Antigone était au cœur de cette rencontre. Une héroïne qu’Adel Hakim a choisi de mettre en scène avec le théâtre national palestinien car, raconte-t-il, il se souvient d’avoir été interpellé par “l’intensité de leur interprétation, la manière dont ils avaient incarné le texte” de la pièce qu’il était allé voir alors. De là date son envie de travailler avec eux.

Restait à trouver la pièce. “Je voulais en trouver une qui parle de ce que vivent au quotidien les Palestiniens sans entrer dans la polémique avec un texte qui donnerait des clés de lecture du conflit israëlo-palestinien.” A ce titre, Antigone de Sophocle s’est révélée pour lui “un exemple parfait et universel.”

Contre la loi dictée par Créon et interdisant à quiconque d’offrir une sépulture à Polynice, considéré comme un traitre, Antigone va choisir de s’élever et défendre la loi qu’elle considère juste, quoi qu’il lui en coûte. “Tous les deux ont raison de faire ce qu’ils font, c’est cela la tragédie.” Et de poursuivre: “L’humanité, les droits de l’Homme, c’est de cela que la pièce parle.”

Pas d’adaptation: les acteurs palestiniens interprètent le texte originel de Sophocle, traduit en arabe. Par contre, Adel Hakim explique aux lycéens avoir pris le parti d’une mise en scène contemporaine avec des costumes actuels et une esthétique d’aujourd’hui. Répondant à leurs questions, il leur raconte le nécessaire échange d’idées entre les membres de l’équipe artistique ou encore les coulisses d’un casting qui, après 10 jours, n’avait toujours pas trouvé son héroïne. “N’importe qui peut jouer Ismène, pas Antigone. Elle est lumineuse et obscure à la fois.”

La pièce, qui a reçu en 2012 le prix du Syndicat de la critique du meilleur spectacle étranger, a été donnée une centaine de fois en France. Elle se jouera à guichet fermé au théâtre ce soir. Les lycéens de ce matin y assisteront. Un spectacle et une rencontre pleins d’enseignements qui vont s’inscrire dans le dossier que les terminales auront à rendre et qui comptera pour l’option théâtre au baccalauréat.

 

 

 

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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