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Des danseuses venues de toute l’Europe pour un casting à Brive

Photos Raphaël Josse

Au départ, elles étaient 210 à postuler depuis toute l’Europe et même au-delà. 40 ont passé la première sélection vidéo du chorégraphe Giovanni Martinat qui les auditionne maintenant à L’Ouvroir à Brive. Six seulement seront retenues pour sa nouvelle création et une reprise de son précédent spectacle.

Depuis que l’ancienne chapelle de la Providence rénovée et rebaptisée L’Ouvroir est entrée en scène, le chorégraphe briviste y a quasiment élu résidence. Normal, il habite à quelques pas et surtout, il en est un parrain évident, à l’enfance cabossée comme celles des jeunes résidents accueillis au sein de l’institution. “C’est une façon de faire vivre le lieu. Les jeunes viennent  nous voir. Ça leur permet de s’éveiller à d’autres choses et de casser les codes: la danse n’est pas que classique, c’est très physique et un homme peut la pratiquer”, commente Giovanni Martinat. Gros atout aussi à ses yeux: la salle est dépourvue de miroir, “ça évite aux danseuses de chercher à se regarder et peuvent mieux se concentrer sur l’expression.” C’est ainsi entre  pierres de brasier et vitraux que les danseuses convergent en plusieurs auditions.

“On ne pensait pas avoir autant de candidates. Au départ, on en avait 210. Essentiellement de partout en France, aussi d’Europe, Italie, Suisse, Allemagne, Espagne, Angleterre. Il y en avait même d’autres continents“, s’étonne encore l’ancien danseur de la compagnie Koubi qui vole de ses propres pas avec sa compagnie Coïncidence. “C’est plus du double qu’il y a deux ans pour ma précédente création. La compagnie prend de la notoriété et les danseuses sont sensibles aux valeurs que nous portons.” À travers la danse, Giovanni Martinat veut en effet “magnifier la féminité”. Lui qui avec ses frères a été martyrisé enfant par sa mère, a su par la danse, et l’écriture d’un livre, transformer la rancune en pardon.

Elles sont quarante encore en lice et la sélection va être très dure. “Nous cherchons six nouvelles danseuses issus du milieu académique et hip hop afin d’ouvrir le champ des possibles. Je viens du hip hop et les danseuses classiques ont énormément nourri ma réflexion.” Quatre des six danseuses sont pour des reprises de rôle de sa précédente pièce Moon, in your black eyes et deux pour celle en création Doppelgängerin. qui sera le chapitre 1 d’un triptyque sur un sosie maléfique.  “C’est un prolongement de Moon, in your black eyes qui pousse mon introspection encore plus loin, vis-à-vis de mon passé et vis-à-vis des femmes en général. L’objectif étant de défendre les valeurs que nous prônons, c’est-à-dire de ne plus considérer la femme comme étant “le sexe faible” mais bien de la considérer à sa juste valeur. Les femmes sont tous aussi fortes que les hommes, si ce n’est plus, aussi bien sur le plan mental que physique.”

La création devrait voir le jour en 2022, la précédente continue de tourner. “Nous avons aussi fait quelques prestations cet été à Rome. Elle a été récemment présentée à Pazayac et à Fougères.” En ces temps sanitaires incertains, pas facile pour la compagnie de remplir un calendrier. “Nous avons toujours trois dates en attente de report à Nevrs et à Bolzano en Italie. Nous sommes en négociation avec Angoulême, Voiron, Paris, Montauban et Nevers.” Et l’on espère aussi un jour Brive…

Sur ce sujet, vous pouvez consulter notre précédent article:

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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