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Depuis l'ouest, le réseau de chaleur va rayonner sur toute la ville

vue de Brive

Ironie de l’histoire, il a fallu que ce soit dans une salle du conseil municipal surchauffée que le projet de la nouvelle chaufferie biomasse soit présentée hier, mardi 30 juin. Implanté cette fois à l’ouest et couvrant tout le territoire de la commune, il va s’inscrire dans le cadre “d’un vrai projet industriel“, a indiqué le maire de Brive Frédéric Soulier. 

Il a fait chaud, très chaud hier soir tout au long des quatre heures qu’a duré le conseil municipal et le débat qu’a suscité la présentation par la majorité du nouveau projet de chaufferie bois n’a pas participé à faire redescendre la température, bien que la délibération le concernant ait finalement été votée à l’unanimité.

Implanté non plus à l’est comme le voulait le projet de l’ancienne majorité, résilié en octobre, mais à l’ouest, la chaufferie bois bénéficiera d’un réseau de canalisation de 25 km (contre 10 hier) et desservira tout le territoire de la commune de Brive ainsi que la ZAC de Brive Laroche. Il alimentera 185 (contre 56 hier) sous-stations implantées dans différents bâtiments publics ou privés. En outre, tous les habitants qui en feront la demande pourront, par le biais d’un abonnement et l’installation d’un échangeur, être alimentés.

Exclusivement bois hier, le nouveau projet présenté par Bernard Longpré, maire adjoint en charge de l’environnement et des espaces verts, va fonctionner sur un système mixte gaz et bois. Aussi, l’énergie produite viendra-t-elle à 51% du bois, soit 16.000 tonnes arrivant dans un rayon de 100 km à la ronde, à 8% du gaz naturel et à 41% de l’énergie perdue que l’incinérateur de Saint-Pantaléon de Larche ne vend pas. Dans le cadre d’une convention, cette chaleur sera livrée juste à côté à la chaufferie du réseau de chaleur de Brive gérée en délégation de service public.

Cette proximité avec le Syttom 19 qui produit de l’électricité à partir de la combustion des déchets ménagers constitue le cœur de ce nouveau projet. “La récupération de cette chaleur perdue est un des bons aspects du projet”, a admis le chef de file de l’opposition Philippe Nauche. Il a néanmoins pointé le fait que dans ce scénario “le recours à l’incinérateur semblait nécessaire pour maintenir l’équilibre financier du projet” au moment même où sa fermeture à plus ou moins moyen terme était évoquée.

“Je fais le pari qu’on aura à moins brûler demain”, a commencé par répondre le maire, “donc, par définition, il faudra qu’il y ait des sortes de vases communicants dans les solutions techniques qui feront tourner l’unité de production. L’équilibre, l’industriel devra l’imaginer entre le bois, le gaz ou la biométhanisation. On est sur un espèce de Rubik’s Cube où la biomasse n’est pas l’alpha et l’omega d’un système de chauffage mais bien le maillon d’un système qui aura l’avantage d’être complémentaire.” Un système qui englobe notamment la collecte des fermentescibles (restes de repas et couches souillées) dont l’expérimentation débutera en janvier dans deux quartiers de la ville. “Pour faire de la méthanisation, il faut la ressource, et la ressource, ce sont les déchets alimentaires que nous jetons dans nos bacs marron, qui ne sont pas valorisés pour l’instant et qu’il nous faut intégrer dans le schéma de ce qu’on a pensé comme un véritable projet industriel.”

Le maire a également rappelé l’économie de 422.000 euros faite avec l’appel d’offre et le “delta considérable” de 10 euros par MWh séparant l’engagement signé par l’ancienne majorité (67 euros TTC le MWh, réactualisé à 72 euros) contre 62 euros aujourd’hui. Frédéric Soulier a enfin conclu sur le fait qu’il était de toute manière nécessaire de se préparer aux énergies renouvelables. “Sans compter qu’au bout du tuyau, il y a de l’énergie moins chère.”

Le coût de cet investissement est estimé à 25 millions d’euros HT et les travaux devraient débuter dans 18 mois.

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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