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Danièle Sallenave : "Lire ou vivre, c'est pareil"

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L ‘écrivain académicienne a partagé son plaisir de lecture avec des lycéens d’Arsonval. Un premier fil tendu vers la prochaine Foire du livre dont elle est à la présidente. Une rencontre en toute simplicité et humour autour de la question “Pourquoi faut-il lire?”.

 

daniele salenave 2Elle n’était pas dans son habit vert d’Immortelle bien sûr, mais les élèves n’en étaient pas moins impressionnés. “Je l’ai entendu ce matin parler à la radio”, susurre à son entrée un lycéen admiratif. Face à elle, deux classes de première S et L qui ont travaillé la question en amont. “Ça a donné lieu à des débats très spontanés. Les deux classes ont des approches complémentaires “, témoigne leur professeur de français Catherine Brayet-Castellani.

“Il faut lire parce que ça fait du bien”, engage Danièle Sallenave. “Tous les enfants adorent qu’on leur lise quelque chose. Pourquoi ne pas continuer ce plaisir ensuite?”, argumente-t-elle. “Quand on lit, il se passe quelque chose.” Elle-même de se revoir, à 14-15 ans, dans son pensionnat, découvrant Crime et châtiments de Tolstoï. “Je n’en avais jamais entendu parler, je ne l’ai jamais oublié. L’impression que cette lecture m’a transformée. J’étais seule à faire cette expérience de liberté. C’était extraordinaire”, partage l’Académicienne.

daniele salenave1“On peut avoir une vie très riche, mais on n’arrivera jamais à vivre le millième des expériences que nous offrent nos lectures”, s’enflamme l’écrivain. “la lecture me sort du monde où je suis tout le temps. Je respire. Vivre, c’est respirer.” Ses bras s’ouvrent, ses mains se lèvent comme pour appuyer les mots prononcés. Un indicible, de l’ordre de l’intime. “C’est une expérience de liberté, qui transforme”, revient-elle à la charge.

Lire ce qu’on veut ou lire ce qu’on doit? Quelle liberté quand l’école impose des programmes? “C’est inévitable, il faut étudier des textes”, reconnait Danièle Sallenave, en comparant au musicien qui doit faire ses gammes. “mais il faudrait toujours garder à côté une lecture qui fait plaisir. Un quart d’heure par jour, ça repose”, conseille cette lectrice invétérée. “Il y a toujours la place pour ce moment qui est à vous…. C’est très enfantin. Je suis contente de retrouver le soir un histoire, un personnage qui me plait, c’est comme un rendez-vous. Quand je pars, où que j’aille, j’ai toujours un livre, c’est quelque chose d’énorme qui ne ressemble à rien d’autre et qui devient indispensable. C’est une bonne maladie, une fois qu’elle vous a été inoculée, on ne peut plus s’en débarrasser.”

des fleurs pour daniele salenave“Vous lisez beaucoup, vous n’avez pas peur de vivre dans une bulle”, s’inquiète une élève. “J’ai l’air?”, répond malicieusement l’Académicienne. “C’est quand on ne lit pas qu’on est dans une bulle. On ne sort pas de son cercle, l’esprit n’est pas ouvert à d’autres mondes, d’autres cultures, d’autres façons de voir.” Au fil de l’échange, Danièle Sallenave évoquera l’écriture, l’élaboration du dictionnaire de l’Académie, les liseuses, les prix littéraires, les adaptations cinématographiques, ses auteurs préférés, ses influences… Une rencontre enrichissante. Alors finalement pourquoi faut-il lire?… “Parce qu’il faut bien vivre. Lire ou vivre, c’est pareil.”

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Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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