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Concerts sur le pouce : le qanûn donne le la

C’est l’ancêtre du piano, l’instrument roi sur lequel doit s’accorder l’orchestre. Le qanûn (prononcez kanoun) ouvrira la nouvelle saison des concerts sur le pouce ce jeudi 4 octobre à 12h30, en salle d’honneur de la mairie. Nouri Almohamad vous fera cheminer vers sa Syrie au fil de cette cithare arabe à la sensibilité à fleur de cordes qui peut même jouer du Mozart. La rencontre promet d’être un moment rare.

Il enseigne la musique dans trois collèges creusois, pratique le chant depuis ses 7 ans, joue du trombone, du piano et des percussions, mais sa vraie passion c’est le qanûn, cette cithare trapézoïdale dont on pince les cordes à l’aide d’onglets en métal. “C’est un instrument d’origine syrienne très ancien, créé en 540 avant Jésus Christ et qui a failli disparaitre. À une époque, il n’y avait plus que 4 artistes qui en jouaient. J’ai eu la chance de le découvrir avec l’un d’entre eux lorsque je suis entré à l’université d’Homs. Ça a été une révélation.”

Si l’instrument revenu à la mode est vite accessible au débutant -“on s’y attache très vite”-, il faut évidemment de longues années de pratique pour maîtriser comme Nouri toutes les nuances des 78 cordes. Il l’a enseigné tout autant que joué en concerts à travers son pays, seul, en orchestre de chambre et même avec un ensemble de philharmonie. “Qanûn signifie “la loi”, c’est l’instrument sur lequel vont s’accorder tous les autres. C’est pour cela qu’il est toujours positionné au milieu de l’orchestre.”

Nouri Almohamad a quitté la Syrie en 2011 pour venir compléter sa formation par un Master en musicologie à Tours et se spécialiser en organologie, mais il n’est jamais rentré chez lui car entre temps son pays a sombré dans la guerre civile. Hasard d’affectation professionnelle de sa compagne, il est arrivé à Brive en 2017. S’il a déjà donné de nombreux concerts à l’opéra de Lyon, à Tours ou au Puy-en-Velay, ce sera la première fois dans la cité gaillarde.

“Je suis ravi de faire découvrir le qanûn et de montrer toute sa capacité. Il peut se prêter à tous les registres, traditionnel mais aussi celui de la musique classique, Vivaldi, Mozart… et il rend merveilleusement bien dans les églises.” L’artiste ne souhaite pas cependant divulguer un programme. “Avec le qanûn, on ne peut pas tout figer. C’est par excellence un instrument d’improvisation, c’est lui qui donne l’âme au chant. Ce que je jouerais dépendra aussi de l’émotion qui passera avec le public, de ce que je lirais dans leurs yeux. C’est un instrument qui raconte des histoires…”

Tout comme son “rejeton” le piano, le qanûn est aussi un instrument très sensible: “dès qu’on le bouge, il faut le réaccorder. Je m’installerais au moins 2 heures avant le concert pour qu’il ait le temps de prendre l’air de la salle.” Ensuite, Tous deux se laisseront porter par la magie du partage

L’entrée est libre et gratuite. Vous pouvez même y assister avec votre sandwich, évidemment dans le respect de l’écoute de chacun.

Ces concerts sur le pouce sont proposés par la Ville dans le cadre de la Politique des temps, en partenariat avec l’Ensemble instrumental de Brive. Cette nouvelle saison de 6 concerts égrainés les jeudis jusqu’à la fin de l’année, à l’heure du déjeuner, toujours de 12h30 à 13h15, en salle d’honneur de la mairie, est une nouvelle fois très variée. Notez d’ores et déjà les prochains rendez-vous:

  • jeudi 18 octobre, Jazz et influences des Balkans avec un trio saxo/clarinette, percussions, piano
  • jeudi 8 novembre, Romances et danses russes avec le Trio Ebony (clarinette, violoncelle, piano)
  • jeudi 22 novembre, Récital de harpe, du celtique au jazz
  • jeudi 13 décembre, Folklore imaginaire avec Antoinette Trio (clarinette, flûte et guitare)
  • jeudi 20 décembre, Musique romantique pour des sonates violon et piano.

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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