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Coco Chanel et la Bernardine d’Aubazine s’exposent à Shanghai

"Cultur Chanel" au musée d'art contemporain de Shangaï, le Moca

Quelle ne fut pas la surprise de Claire Moser-Gautrand, conservatrice en chef du musée Labenche de Brive, quand elle se vit demander par la maison Chanel le prêt d’une œuvre pour l’exposition Culture Chanel au Moca, musée d’art contemporain de Shanghai. L’objet de toutes leurs préoccupations: la Bernardine, une sculpture datant de la fin du XVe siècle. Quel est le lien entre cette sculpture médiévale et la créatrice visionnaire vous demandez-vous? La conservatrice lève le voile.

La Bernardine. Crédit photo: Sylvain MarchouCela fait 33 ans maintenant que Claire Moser-Gautrand côtoie dans son musée du boulevard Jules Ferry la Bernardine, une sculpture en calcaire polychrome datant de la fin du XVe siècle et retrouvée à Tulle, à côté du couvent des Bernardines. Cette sculpture médiévale qui appartient à la collection du musée depuis le début du XXe siècle, a récemment parcouru une dizaine de milliers de kilomètres et trône depuis la mi-janvier et pour plusieurs semaines dans une des vitrines du musée d’art contemporain de Shanghai, le Moca. Quand l’une des plus futuristes et contemporaines mégapoles chinoises reçoit en grande pompe une sculpture médiévale d’Aubazine, cela s’appelle le choc des cultures!

Ce long périple ne se sera pas fait sans mal. La sculpture, classée aux monuments historiques en 1964, a nécessité son lot d’autorisations des musées de France et de tampons pour sortir du territoire. « J’ai fait un convoyage clou à clou », raconte Claire Moser-Gautrand. « Cela signifie qu’on a emballé l’œuvre au musée à Brive et qu’on l’a réceptionnée dans les entrepôts hypersécurisés de l’aéroport de Shanghai. Depuis le début jusqu’à la fin, je ne l’ai pas lâchée! »

Claire Moser-Gautrand nous raconte son long périple

Entre Paris et Shanghai, la conservatrice en chef a rencontré son lot de péripéties avec en tête la mission de réceptionner la Bernardine à Shanghai. « Après un vol de 10h30, c’est là que le folklore a commencé. Les pourparlers ont duré des heures avec les douaniers. Arrivé à l’aube à l’aéroport de Shanghai, ce n’est qu’à 2h du matin que nous avons pu déposer la Bernardine dans le coffre fort du Moca. Je vous assure qu’il fallait qu’il la veuille », s’exclame la conservatrice. Car ce convoyage qui représente un coût important a été pris en charge par l’organisateur. Le prêteur, soit la ville de Brive, n’a pas avancé un denier.

L'origine du sigle ChanelCette exposition qui a ouvert ses portes le 15 janvier et qui se poursuit jusqu’au 14 mars, raconte l’univers de Mademoiselle Chanel et met en lumière la dimension historique et créative de la maison Chanel. C’est au rez-de-chaussée du Moca, dans l’espace intitulé « L’origine », que l’exposition revient sur l’enfance de Gabrielle Bonheur Chasnel, dite Coco Chanel. Et c’est ici que le lien avec la Corrèze se fait.

« La Bernardine était incontournable pour cette exposition sur Coco Chanel », rapporte la conservatrice. D’abord parce qu’avec sa coiffure, elle illustre les sculptures médiévales, le lapidaire religieux. Ensuite parce que Coco, qui a été élevée dans un orphelinat d’Aubazine, s’est imprégnée des sculptures religieuses et des vitraux qui l’ont environnée. Ainsi, Coco Chanel a toujours reconnu l’influence de ses souvenirs et images d’enfance sur ses créations. Cette Bernardine, en incarnant une œuvre régionale, rappelle au sein de cette exposition, l’importance jouée par cette enfance à Aubazine chez les sœurs pour cette créatrice qui réinventera la mode. La preuve en image, et non la moindre: « C’est dans l’entrelacs des vitraux de la chapelle d’Aubazine que Mademoiselle Chanel reprend les courbes nettes qui formeront son monogramme: le double C, d’une simplicité intemporelle », indique une légende de l’exposition. Une origine prestigieuse. Certains ont leurs initiales BB, nous, en Corrèze, nous pourrons dorénavant nous enorgueillir d’avoir notre double C.

Moca Shanghai2

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La translation de la Bernardine. Avec les images de Claire Moser-Gautrand.

L'emballage de la Bernardine

la palettisation

Juste avant d'embarquer

Dans la salle forte du Moca

Le commissaire à l'exposition et la directrice du MOCA assistent au bon déroulement de l'exposition

Installation de la Bernardine dans sa vitrine au Moca

La Bernardine enfin installée

A Shanghaï

Façade du Moca

Affiche de l'exposition

A Shanghaï

A Shanghaï

Shanghaï dans la brume de l'aube

Shanghaï by night

Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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