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Chevaux de traits d’union

Jean Mouléne et Jean-François Marbot

Le cheval de trait n’a pas totalement disparu du monde agricole corrézien. La preuve avec Jean Moulène et Jean-François Marbot, deux agriculteurs de la région de Meyssac qui vivent et travaillent au rythme de leurs Comtois et Ardennais.

Au travailDeux hommes et trois chevaux aux silhouettes massives attendent dans une cour de ferme noyée de brouillard, l’arrivée des maréchaux ferrants itinérants. Une fois le travail installé, Romain et Florent, de l’association de l’Union des traits limousins, s’activent avec force et précision entre forge et enclume, bruit et fumée âcre de la corne brûlée. Ils curent, taillent et liment pendant plus de deux heures, remettant à neuf pour deux mois les sabots de ces chevaux surdimensionnés.

Pour que cette scène puisse se dérouler, il faut remonter à 2009, année où Jean-François Marbot et Jean Moulène se sont rencontrés autour du cheval de trait. Le premier, exploitant agricole à Marcillac-la-Croze, mène deux activités hippomobiles : débardage de bois en hiver et maraîchage en été. Jean, le second, producteur de vin paillé en culture bio à Saint-Julien-Maumont, rêve de chevaux de trait pour travailler sa vigne. Ayant appris qu’un de ses voisins utilise des chevaux de trait sur la commune environnante, une fois les vendanges achevées, il décide d’inviter Jean-François à venir faire une démonstration de travail dans sa vigne, avec son cheval, devant ses confrères viticulteurs. Cette après-midi là sera déterminante pour les deux hommes, scellant la base de leur amitié fondée sur des valeurs fortes communes.

Merlin est inquiét mais Jean Moulène le rassure entre caresses et parolesPour Jean Moulène, le cheval le renvoie à son enfance et à “Musette”, la jument de son grand-père qui assurait les travaux viticoles quotidiens, mais c’est aussi pour lui l’occasion d’être en accord avec sa démarche de production biologique. En septembre dernier son rêve devient réalité avec l’arrivée de “Merlin” et “Pompom”, deux Comtois de 450 kilos, chacun.

Pour Jean-François Marbot, “Nomade”, son Ardennais de 900 kilos ne se résume pas à une simple passion. C’est aussi un outil de travail qui lui permet de développer comme Jean, une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

Ces expériences pour l’heure isolées donneront elles à d’autres agriculteurs le désir de renouer avec le cheval de trait?

Consultez également notre article sur l’exploitation de Jean Moulène:

Merlin le premier au parage

Florent et Romain réglent la taille des fers

Nomade aux sabots fumants

Le travail de ferrage

De la grange

Hommes et chevaux au pas

Nomade dans le travail surveillé de près par Jean-François Marbot

tête à tête

Sylvain MARCHOU

Sylvain MARCHOU

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