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“Cette pièce est un ovni qui ne trahit pas mon roman”

Vendredi 14 juin à 20h30, Séverine Garde-Massias du Théâtre sur le Fil sera Jan au Théâtre de Brive, héroïne adolescente du roman éponyme de Claudine Desmarteau. Qu’elle ne fut pas la surprise de l’auteur du Petit Gus, également illustratrice, quand la compagnie lui a fait part de son souhait de porter son roman sur les planches. Elle a hésité. Toute adaptation n’est-elle pas par définition une trahison ? D’autant que ce texte a toujours eu quelque chose de particulier pour elle. “C’est le plus important.” Le risque était grand…

– Brive Mag’: Comment avez-vous réagi à la proposition du Théâtre sur le Fil ?

– Claudine Desmarteau: Quand ils m’ont demandé l’autorisation d’adapter Jan, j’ai été très surprise. Je trouvais cela assez compliqué. Le roman n’est pas si court, il y a beaucoup de personnages, des dialogues… Alors, quand j’ai décidé d’accepter, j’ai préféré les laisser travailler sans m’impliquer. N’empêche, j’avoue, j’avais des angoisses pour la première au Théâtre de Brive en 2017, devant près de  300 collégiens!

– Brive Mag’: Comment avez-vous reçu la pièce ?

– Claudine Desmarteau: Séverine Garde-Massias incarne admirablement la voix de Jan. En 30 secondes, elle nous a collé le frisson, et ensuite toute la salle est restée captivée. J’ai apprécié que mon texte n’ait pas été transformé. Il y a eu des coupes, bien sûr, mais son intégrité a été respectée. Il est dit tel qu’il a été écrit. J’étais fière. Ça voulait dire qu’il tenait la route. Ils n’ont pas pu développer autant que dans le roman la partie sur l’évasion. Ils ont fait des choix. Ce sont les leurs. Mais ils ne trahissent pas l’énergie du roman et du personnage. Cette pièce est un ovni qui ne trahit pas le roman. Une création à part entière.

– Brive Mag’: De quoi parle ce roman?

-Claudine Desmarteau: Dans ce roman, la barque est chargée mais je ne porte pas de jugement. Jan est victime de sa situation familiale mais je ne voulais pas en faire une victime. Il fallait être dans la retenue, ne surtout pas tomber dans le pathos. Ce ne devait pas être larmoyant. C’est tragique, il y a de l’émotion mais aussi de l’énergie, l’envie de vivre et d’être libre. Jan ne s’enferme pas dans une situation de fatalité.

– Brive Mag’ : C’est un message, un exemple important à faire passer à la jeunesse selon vous ?

– Claudine Desmarteau : J’ai l’habitude d’intervenir dans les classes, au collège, de faire des ateliers d’écriture. C’est partout pareil. On n’a pas tous les mêmes chances dans la vie. Il y a des situations de souffrance, des enfants qui ont du mal avec l’école, comme Jan qui est une cancre. Mais l’école offre une chance, une respiration, même à Jan. Il y a des enfants qui souffrent d’un manque de confiance en eux, ils pensent que leur route est tracée et qu’elle sera faite d’échecs et de souffrances. Ils se disent que pour eux, la réussite n’est pas possible. Ils ne s’autorisent même pas à essayer, à espérer. Moi je n’ai pas grandi dans une famille comme celle de Jan mais dans un environnement stable qui m’a donné confiance en moi. J’ai envie dans mes livres de transmettre cette confiance et cette énergie que j’ai reçues. C’est en cela que ce texte est particulier pour moi, qu’il est le plus important. C’est pour cela que j’avais peur à la première représentation. Cette seconde vie qu’offre une adaptation peut être extrêmement émouvante bien sûr mais j’aurais préféré rien du tout à quelque chose de raté. Le jour J finalement, j’étais séduite, ravie !

Jan, vendredi 14 juin à 20h30 au Théâtre de Brive. Tout public, dès 12 ans. Tarifs : 20 euros, réduit, 10 euros. Infos et réservations au 06.08.64.85.38 et sur theatresurlefil.com.

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Jennifer BRESSAN

Jennifer BRESSAN

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