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"Ce train est un signe d'amour"

Jean-Michel Cohen a beau être diététicien, il aura savouré chaque instant passé à bord du train du livre, à l’instar de tous les auteurs “transportés” cette année encore par l’Orient express. Un décor de rêve, des petits plats gastronomiques… “régaler ainsi les gens, c’est vouloir leur donner quelque chose,  un signe d’amour”. Avec toujours à l’arrivée en gare de Brive, le public massé derrière les barrières pour accueillir cette gente littéraire. Ambiance.

Le train aura volé la vedette aux vedettes. Star of the stars! pour reprendre le titre du dernier album de Pénélope Bagieu (Gallimard jeunesse). “C’est la première fois que je me dis que c’est super mon métier. je ne savais pas qu’on voyagerait dans l’Orient express… c’est inespéré! J’ai tout de suite envoyé un texto à ma mère.”  Ils et elles étaient sous le charme de ce train d’un autre temps. “Il ne manque qu’Hercule Poirot et deux ou trois crimes”, s’amuse Yasmina Khadra qui vient signer Les anges meurent de nos blessures (Julliard). “Moi, mes histoires finissent toujours mal”, reconnait l’écrivain qui s’est déclaré il y a quelques jours candidat aux prochaines élections présidentielles algériennes. Sujet sur lequel, il ne veut pas s’étendre: “C’est un geste citoyen, à un certain moment il faut s’impliquer. Mais je suis resté le même mari, le même père, le même auteur.”

Alors que le critique Arnaud Viviant (La vie critique, Belfond) se balade de table en wagon sans rien trouver à redire, que le dessinateur satirique Luz croque façon Charlie Hebdo la tablée d’à-côté, Ono-Dit-Biot, grand prix du roman de l’Académie française pour Plonger (Gallimard) reste immergé dans son mobile.

Dans le wagon de service, Nelson Montfort s’imite lui même tel un autre fou chantant, sujet de son livre (Le roman de Charles Trénet, Le Rocher) et amuse les jeunes de l’école hôtelière Savignac-les-églises. “Nelson Monfort pour reprendre son surnom “Mets le son moins fort”, en direct du train du livre”, clame-t-il dans un micro invisible devant la camera de ces étudiants pas le moins du monde impressionnés par tous ces auteurs. “On a déjà servi des gens célèbres, on a juste la pression de faire bien dans un train qui roule, mais on s’est préparé en travaillant notre équilibre”, expliquent Nadia et Lucille. “Le décor a beaucoup de charme, même si c’est vieillot. C’est authentique”, relève Charles.

Je nage dans un monde culturel“, déclare dans la voiture Pullman un Plantu, toujours étonné de faire partie de cercle. “Je me sens plutôt un visiteur, partout.” Un trait qui lui permet sans doute de pouvoir sans cesse nourrir  son inspiration. “L’imaginaire, c’est le voyage“, chuchote Hubert Haddad dont l’oeuvre immense a été récompensée par le grand prix de littérature de la Société des gens de lettres et dont le dernier roman Le peintre d’éventail (Zulma) a reçu le prix Louis Guilloux. “Avec ce train, on a l’impression de remonter le temps.” L’homme se veut “plutôt en retrait”: “Je ne suis pas quelqu’un qui va beaucoup dans les salons”. Les lecteurs apprécieront d’autant plus sa présence à Brive.

“Ce menu devrait permettre à tous les auteurs de pouvoir tenir jusqu’à ce soir 11h”, estime le diététicien loin de ses 250 aliments santé minceur (First). Pour reprendre un autre de ses livres, Jean-Michel Cohen aura Osez la gourmandise (Prisma). “J’ai anticipé hier en faisant une journée allégée, mais il faudra une semaine pour se remettre du week-end. Le maire de Brive devrait proposer aux auteurs un marathon pour éliminer tout ça”, suggère-t-il. Mais c’est un autre challenge qui attend désormais les auteurs tout juste débarqués: celui des dédicaces pendant trois jours.

 

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Marie Christine MALSOUTE

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