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Brive sur tous les fronts pour attirer les médecins

« On est au début du travail… », a souligné Frédéric Soulier, maire de Brive, lors de la réouverture du cabinet médical de Rivet le 12 avril dernier. La Ville, depuis sa délibération lors de son Conseil municipal du 15 décembre, multiplie les mesures afin d’attirer les médecins sur son territoire. Le 30 mars elle a étendu les mesures. Brive prend le problème à bras le corps mais la tâche est rude. La réouverture du cabinet médical de Rivet est un bon début.

Aides financières, aides à l’installation… ouverture à d’autres professions (dentistes, infirmiers..) mais aussi véritable plan de séduction auprès des futurs médecins par l’intermédiaire d’une campagne de communication… la Ville est sur tous les fronts. « C’est maintenant qu’il faut agir », a ajouté Frédéric Soulier. On fait le point avec Agnès Massonnier, directrice adjointe en charge des Solidarités, et Franck Bonichon, directeur de la Mutualité française limousine, partenaire essentiel du grand plan lancé par la mairie.

 

La réouverture du cabinet médical de Rivet mi-avril, fermé depuis décembre dernier, est une très bonne nouvelle pour le quartier mais pas seulement. La politique menée par la Ville sur l’attractivité médicale commence à porter ses fruits.

Mais c’est un grand chantier. « La Ville de Brive s’attaque au problème bien avant qu’il ne soit trop tard. Elle a une véritable vision et fait les efforts nécessaires au quotidien pour contrer le problème, renverser la situation. Il faut le souligner », assure Franck Bonichon.

 

Depuis son ouverture deux jours par semaine, le cabinet de Rivet où exerce le médecin généraliste Philippe Debrest, ne désemplit pas. En 15 jours, son activité a doublé passant de 21 rendez-vous à 42. La demande est forte et cela devrait encore augmenter. Fin août, un second médecin, Bruno Olivier, rejoindra le cabinet et complétera l’offre par deux autres jours de service. Un troisième médecin devrait arriver d’ici l’automne. « Nous discutons actuellement avec lui sur les conditions de son installation », précise Franck Bonichon. « C’est du sur-mesure », ajoute Agnès Massonnier. En effet, la Ville de Brive au-delà des différentes et nombreuses aides financières (voir récapitulatif plus bas) propose un véritable accompagnement individualisé aux médecins qui seraient tentés de venir à Brive. « Il faut séduire », souligne Agnès Massonnier. « Brive propose une sorte de service de conciergerie. Nous facilitons l’installation en nous occupant par exemple de trouver une école pour les enfants, un logement. Nous nous occupons également de l’installation du conjoint. Nous individualisons pour chaque candidat selon ses besoins », précise la directrice. « Il faut donc sans cesse s’adapter », ajoute Franck Bonichon.

Généralistes, spécialistes, dentistes, infirmiers peuvent bénéficier d’aides et d’un accompagnement

La Ville de Brive vient de lancer un vaste plan de communication « car au delà d’attirer le professionnel, il faut vendre notre territoire, attirer l’humain. Brive est une ville attractive qui pour les médecins possèdent toutes les infrastructures nécessaires (hôpital, cliniques…) mais c’est aussi une ville où il fait bon vivre. Il faut mettre tous ces atouts en valeur. A Brive, on peut très bien concilier vie professionnelle et vie personnelle de qualité », souligne Agnès Massonnier. C’est ainsi qu’une petite délégation est allée à Limoges le 15 avril pour rencontrer les étudiants en médecine de l’université limougeaude, présenter les aides proposées par la municipalité mais aussi présenter son territoire. « Nous avons eu un bon retour. 100 à 150 étudiants ont répondu à un questionnaire sur leurs besoins, idées, leurs attentes, nous avons pris des contacts. Certains envisagent déjà de venir à Brive. Mais nos meilleurs ambassadeurs sont les Brivistes qui étudient en médecine à Limoges ou ailleurs. Ils ne tarissent pas d’éloges sur leur ville. »

La médecine salariée solution alternative et complémentaire à la médecine libérale

De son côté, la Mutualité française met en avant la médecine salariée, « véritable offre alternative et complémentaire à la médecine libérale. De plus en plus de médecins se tournent vers le salariat qui présente de nombreux avantages. Notamment celui d’ôter toutes les lourdeurs administratives quand on exerce en libéral », explique Franck Bonichon. « C’est un gros axe de travail. C’est ce qui se passe à Rivet où le médecin actuellement en poste est salarié par la Mutualité. C’est aussi ce qui se fera avec le second médecin. Mais nous ne sommes pas bloqués sur le salariat, il est tout à fait possible de concilier médecine libérale et médecine salariée. Encore une fois nous faisons du sur mesure. Tout est possible. Cela passe par un travail collectif avec la mairie puisque celle-ci prend en charge, par exemple, le secrétariat du cabinet de Rivet. »

Le travail débuté début 2021 par la Ville commence donc à porter ses fruits. « Le groupe de travail mis en place avec trois jeunes étudiants et/ou jeunes médecins a permis de décliner un plan d’action qui s’est traduit par la délibération du 15 décembre dernier. Un certain nombre d’outils ont été développés, aides financières, aides à l’installation, aide à la téléconsultation dans les pharmacies… Suite à cette première délibération, nous avons eu beaucoup de contacts. Tout ceci nous a permis de réajuster ce qui avait été voté le 15 décembre lors de la délibération du 30 mars. Nous avons notamment élargi les possibilités par exemple aux étudiants français qui font leurs études dans une université étrangère. Nous avons d’ailleurs un candidat intéressé pour un engagement de six ans. Les dentistes peuvent désormais bénéficier de certains aides, les spécialistes entrent aussi dans le dispositif », énumère Agnès Massonnier.

Conjuguer vie professionnelle et vie personnelle de qualité

Un travail également mené de front avec les professionnels du territoire et l’Université de Limoges. « Des médecins généralistes de Brive nous ont suggéré que des infirmiers en pratique avancée pourraient les décharger de certains actes. Cette formation est de deux ans pour les infirmiers déjà diplômés d’État, il faut qu’ils cessent en partie leurs activités pour suivre cette formation. La Ville va les aider. Nous faisons également un effort sur les maîtres de stage qui ne sont actuellement que quatre à Brive. Il faut mobiliser d’autres médecins pour pouvoir accueillir sur le territoire de Brive des stagiaires car il est plus facile d’envisager de s’installer quand l’environnement est connu. »

Les efforts sont donc pluriformes. Ville, Mutualités française, professionnels et établissements de santé, université, « sans oublier les partenaires incontournables comme l’ARS ou la CPAM », précise Franck Bonichon.

Tout est fait pour doper l’attractivité médicale du territoire. « Mais il ne faut pas que cela devienne une course à l’échalote », souligne Franck Bonichon. « La Ville de Brive et Frédéric Soulier sont très clairs sur le sujet. Il n’est pas question de “déshabiller Pierre pour habiller Paul”. Il ne doit pas y avoir de concurrence malsaine sur le territoire. Ce serait contreproductif et ridicule », affirme Agnès Massonnier.

Quoiqu’il en soit, les projets se multiplient. Le quartier des Chapélies devrait être le prochain à bénéficier d’un centre médical similaire à celui de Rivet. « Aux Chapélies il y a actuellement un médecin qui exerce en tant que libéral au sein du centre médical. Ce centre médical, de par sa configuration, se prête à l’exercice de plusieurs activités… d’autres médecins mais aussi, par exemple, un infirmier en pratique avancée pourraient s’y installer. La Maison du bénévolat, boulevard Painlevée, devrait devenir un centre médical », confirme le directeur de la Mutualité française limousine. Des propos déjà avancés par Frédéric Soulier lors de la réouverture du Cabinet de Rivet.

 

Le travail ne fait certes que commencer mais il est en tout cas rondement mené.

 

Contact pour les professionnels de santé : 05.19.59.18.07 ou santecontact@brive.fr.

 Infos : jadopteundoc.com

La Ville a acté plusieurs mesures le 15 décembre  :

  • Création de deux centres de santé sur les quartiers de Rivet et des Chapélies, en partenariat avec la Mutualité Française Limousine ;
  • Accroître le nombre de médecins de ville agréés « Maîtres de stage universitaire » pour former au sein de leur cabinet des étudiants de 3e cycle (ils ne sont que 4 actuellement), ce qui favorisera ensuite leur installation dans un environnement qu’ils connaissent déjà ;
  • Octroyer une bourse mensuelle aux étudiants à partir de leur 5eannée pour finir leurs études sous condition de s’installer et d’exercer à Brive : pendant au moins trois ans une bourse de 500 euros par mois (6 000 euros par an) ou cinq ans pour une bourse de 1 000 euros par mois (12 000 euros par année) ;
  • Améliorer les conditions de vie des étudiants pendant leurs stages en facilitant l’accès au logement, leurs déplacements, un système de conciergerie… ;
  • Installer une pépinière en médecine généraliste pour accompagner les trois premières années d’installation, avec des locaux dédiés, un équipement clé en main, et une évolution progressive des charges d’exercice (aucune charge la première année, la moitié la deuxième, la totalité la dernière) ;
  • Octroyer un prêt à taux zéro à tout médecin qui s’installe, lui permettant d’acquérir des locaux, du matériel ou réaliser des travaux, d’un maximum de 50 000 euros et remboursable sur cinq ans ;
  • Soutenir les professionnels de santé souhaitant s’équiper d’une cabine de téléconsultation, en finançant 50 % du reste à charge. L’objectif est d’en installer quatre.

 

Pour faire suite à la délibération du 15 décembre il a été adopté le 30 mars :

– Octroyer un prêt à taux 0% à tout médecin spécialiste ou généraliste et dentiste s’installant sur le territoire, d’un montant maximum de 50 000 euros et remboursable sur 5 ans pour l’acquisition de locaux, la réalisation de travaux ou l’achat de matériel.

– Favoriser la formation d’infirmiers en pratique avancée et octroyer aux infirmiers diplômé d’État souhaitant monter en compétence une bourse visant à compenser la perte financière engendrée par l’entrée en formation.

  • La bourse représentera 50 % des revenus nets plafonnés à 20 000 euros/an pour une durée de 2 ans maximum. En contrepartie le professionnel s’engage à exercer son activité sur Brive en collaboration avec les médecins traitants pour une durée minimale de 5 ans.
  • La Ville de Brive accompagnera 3 IDE  (Infirmiers diplômés d’État) dans la formation IPA (Infirmiers en pratique avancée).

– Soutenir l’installation de tout équipement de téléconsultation (bornes ou cabines ; achat ou location) dans les pharmacies de la ville.

– 6 pharmacies pourront bénéficier d’une aide de 1500 euros pour le déploiement de ce dispositif sous condition de pérenniser ce dispositif sur 36 mois maximum.

– Élargir les bénéficiaires, en octroyant à tous les étudiants de nationalité française suivant leurs études dans un pays européen une bourse d’engagement à partir de la 5e année jusqu’à la fin de leurs études :

  • Engagement sur une implantation de 3 ans minimum sur Brive : 6000 euros/ année universitaire.
  • Engament sur une implantation de 6 ans minimum sur Brive 12000 euros/ année universitaire.
Julien Allain, Photos : Fatima Kaabouch

Julien Allain, Photos : Fatima Kaabouch

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