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Brive habitat un an après

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Il y a un an, le 16 juin, le personnel de Brive habitat se mettait en grève. L’office se trouvait alors confronté à deux crises: l’une sociale, l’autre de management. Un nouveau directeur général était alors mis en place pour redresser le cap. Un an plus tard, les responsables de l’office tenaient à faire le point, en présentant le rapport de gestion du directeur et celui diligenté à l’époque par la Miilos (Mission interministérielle d’inspection du logement social).

Autour du député-maire Philippe Nauche, président de l'office, le vice-président Ahmed Menasri et le directeur général Antoine Rousselie

D’ores et déjà, c’est le retour à la paix sociale, avec une réorganisation des services centrée sur la proximité, la qualité et la participation des locataires“, a affirmé en conférence de presse le député-maire Philippe Nauche, président de l’office, entouré du directeur général Antoine Rousselie et du vice-président Ahmed Menasri. On a ainsi vu la création d’un service de qualité, d’un service de gestion, d’un poste d’assistante sociale, d’un service de communication et récemment le retour de gardiens.

Il y a un an, le coup avait été rude: la grogne qui couvait avait viré à la grève pour protester contre le projet de classification de l’office. “Au delà de l’enjeu, cette grève a révélé une situation de conflit social généralisé, paralysant l’office dans son fonctionnement quotidien. Il y avait un état de guerre civile au sein des services“, rappelait Philippe Nauche. HLM en constructionConcordance de temps, c’est alors qu’était diligentée une inspection du service de la Miilos (organisme de contrôle placé sous la double autorité du ministre chargé du logement et du ministre chargé de l’économie). C’est ce rapport définitif, livré en juin, que les responsables ont tenu à rendre public tout en le situant dans son contexte et en le confrontant au rapport de gestion du nouveau directeur général.

La Miilos pointe en effet les forces et les faiblesses de l’office en formulant 24 observations, notamment quant au déficit de management et à une désorganisation générale qui se traduisait par des blocages de chantiers, des documents non fiables… En ligne de mire, aussi, des erreurs comptables engendrant 3,7 millions d’euros à provisionner “sans que l’on sache si ces dissimulations étaient liées à une volonté ou à une impossibilité de donner les vrais chiffres”, précise le président, en indiquant: Antoine Rousselie, directeur général de Brive habitat“Ces comptes avaient été validés par la Trésorerie et la Caisse des dépôts. Eux-mêmes sont tombés des nues!” Reste qu’il aura fallu reprovisionner des amortissements passés à la trappe. La Miilos parle même d’une “menace forte sur la santé de l’office”, aux portes, selon elle, de la CGLLS (Caisse de garantie du logement locatif social).

Tout n’est pas négatif dans ce rapport“, tempère Antoine Rousselie. “La Miilos a recalculé de 0 à 5% le taux de rentabilité.” Depuis aussi, l’office a mis notamment en place un plan d’économies sur les frais de gestion, ainsi qu’un meilleur traitement sur les impayés. “Le résultat est un bénéfice net de 153.000 euros en 2011 et un taux de rentabilité de 12%, au dessus de la moyenne nationale.” Le plan à dix ans que la Miilos jugeait alors “mener à une impasse financière à l’horizon de 2 à 3 ans”, s’en trouve conforté. Et ce d’autant que l’office bénéfice du soutien de la commune et de l’Agglo, notamment par subvention et exonération fiscale de TLE (Taxe locale d’équipement). “La Ville et l’Agglo sont intervenues afin de permettre à l’office d’économiser ses fonds propres”, justifie le député-maire. Le nouveau directeur-général déclare d’ailleurs que “le programme de construction a été mené avec des coûts mal maîtrisés et une surconsommation de fonds propres de l’office”.

Maisons HLM av 18 juinPour revenir à une situation plus saine, la Miilos préconise à la fois de vendre du patrimoine, ce que l’office a prévu de faire en cédant au CCAS les foyers-logements que le centre gère déjà. Elle préconise également de renégocier la dette, comme cela avait déjà été fait en 2008. Mais là où les points de vue divergent, c’est sur le programme de construction et donc les besoins en matière de logement social.

“On ne peut pas se permettre de réduire la voilure car nous avons un millier de demandes non satisfaites”, quantifie le président de Brive habitat. Parmi ces demandes, 800 émanent de personnes non locataires de l’office. “Au fur et à mesure que les propriétaires du privé augmentent leurs exigences, de plus en plus de gens se tournent vers le logement social proposant un prix décent”, argumente-t-il. Il est vrai aussi que les programmes de démolition-reconstruction actuellement menés ne sont pas les plus avantageux en terme de rentabilité: “On détruit des logements bien amortis pour en construire de nouveaux plus coûteux”, reconnait le directeur général. “La Miilos remet en cause le programme de rénovation, qui plus est sans augmentation de loyer. Mais c’est une décision politique que j’assume“, maintient Philippe Nauche.

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Marie Christine MALSOUTE

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