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Brive Festival s’ouvre une nouvelle ère aux 3P

Brive Festival s’est refermé hier soir sur une 18e édition qui fera incontestablement date dans sa croissance. La barre symbolique des 10.000 spectateurs franchie en une soirée (le vendredi soir) propulse la manifestation dans une nouvelle dimension. Tout en gardant son âme.

Pour emprunter au vocabulaire de l’ovalie si cher à notre terroir, l’essai involontairement marqué l’an dernier face à l’adversité sanitaire sur le nouveau terrain des Trois Provinces, vient d’être joliment transformé. Le directeur Stéphane Canarias veut même oublier cette “année zéro” qui aura pourtant permis de prendre la dimension du lieu. “On l’avait monté à la va-vite. Pour nous, 2022 est vraiment le premier Festival sur ce site. C’est une belle édition, tout a fonctionné comme une belle mécanique bien huilée.” Photos et vidéos postés sur les réseaux sociaux par les artistes, partenaires et festivaliers, en apportent la preuve. Plusieurs raisons ont joué dans ce succès qui a su mobiliser dans un même pack les lignes festives comme l’exigence de rentabilité économique.

D’abord, Brive Festival a retrouvé son arène qui plait tant aux artistes et crée cette atmosphère de proximité avec le public. Et pourtant il y avait du monde au fil de ces quatre soirées de concerts. Du monde aussi bien dans la fosse qu’en tribune ou dans les loges (28, un tiers de plus cette année). La barre symbolique des 10.000 spectateurs (10.076 exactement) a même été franchie vendredi soir avec Clara Luciani et Julien Doré, deux habitués du Festival, et Hatik. Les festivaliers étaient également plus de 9.000 le jeudi soir pour les Black Eyed Peas.

Dès l’ouverture, l’édition a frappé fort. Les stars américaines ont apporté une dimension internationale que se cherche la manifestation depuis quelques années sans pour autant devoir y sacrifier son âme. “La venue des Black Eyed Peas a amené une visibilité médiatique énorme, au Festival comme à Brive”, assure Stéphane Canarias. Alors même que Brive était le plus petit point parmi les sept dates de leur tournée française. Les Blacks Eyed Peas ont ainsi drainé 70% de nouveaux festivaliers.

Preuve aussi qu’un je ne sait quoi d’inattendu s’est invité dans leur show hyper millimétré: les vedettes ont improvisé entre eux sur scène des déplacements, pris un indéniable plaisir et surtout offert 20 minutes de spectacle supplémentaires au public.

Même engouement chez les autres artistes. Les habitués comme -M- tout autant que les nouveaux venus comme Calojero, se sont laissés aller à des bœufs côté coulisses ou chez les partenaires après leurs prestations. “On sent que les artistes sont bien, qu’il y a une réelle proximité avec le public.” Et c’est bien ce que veut maintenir à tout prix Festival Production. Avec ou pas autres vedettes internationales à l’avenir: “On a fait des demandes à des artistes du même calibre, mais on ne fera pas de surenchère pour les avoir“, glisse le directeur. Car pour lui, l’essentiel, pour ne pas dire l’essence même, est ailleurs.

“On veut renforcer l’expérience vécue par les festivaliers”, insiste Stéphane Canarias. “L’expérience vécue”, c’est à dire l’accueil, l’ambiance, toutes ces petites attentions qui font la différence. D’autant que l’on vient de plus en plus loin pour humer cet “amour de festival”, qualificatif que s’est donné cette année la manifestation. “Il y a une augmentation très nette des Haut-Viennois qui de 11 à 17% sont passés à 25%”, confirme Clémentine Fréchinos.

Car l’organisation grossissante ne doit pas nuire à l’ADN familial qui reste la marque de la manifestation: on y vient en famille, entre amis, entre copines, avec les enfants, les grands-parents, certes pour voir les artistes, mais aussi passer un bon moment, se faire maquiller pour être dans le ton, sauter sur place à l’unisson, choisir son food truck comme on on pioche dans un menu, aller se ressourcer un peu en retrait à l’ombre des arbres vers la Corrèze… jusqu’au bar à tee-shirt où l’on peut se faire imprimer à sa façon le souvenir que l’on sera fier d’arborer ensuite.

Brive Festival, c’est ce mélange de genres qui lui donnent un côté unique: ses petits moments d’intenses vibrations collectives, de complicités entre artistes et public, sa déco multicolore et joyeuse comme si on était encore sur le sable des origines, son brassage du rap au rock en passant par la pop, son sens du business dans les loges qui lui permet de maintenir un prix de billet accessible pour le public, un DJ à demeure qui égraine ses mixes pendant les changements de scène, l’entrée surprise de Gaëtan Roussel dans le public, le grand show de Julien Doré, la traversée de -M- fendant la foule pour aller chanter depuis une loge… Comme si c’était ici et nulle part ailleurs… Et par ce que c’est ici et nulle part ailleurs. Une alchimie, une expérience sans cesse renouvelée, qu’il faudra savoir maintenir. Bref, que vive “un amour de Festival”.

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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