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Brive a participé à l’hommage national rendu à Samuel Paty

A midi ce mercredi 21 octobre, sur le parvis de l’Hôtel de ville, des centaines de personnes ont tenu à s’associer à l’hommage national rendu à Samuel Paty, l’enseignant assassiné vendredi dernier dans les Yvelines.

Aucun mot ne serait assez fort pour condamner cet acte barbare qui ébranle nos consciences”, a déclaré le maire de Brive Frédéric Soulier. Autour de lui, de nombreux conseillers municipaux et maires des alentours qui avaient revêtu leur écharpe tricolore.”Notre communauté se recueille pour observer une minute de silence et pour adresser à la famille de Samuel Paty tout notre soutien et notre compassion.” Le professeur d’histoire-géographie de 47 ans a été sauvagement assassiné pour avoir dispensé un cours sur la liberté d’expression et montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. Prof et martyr pour avoir fait simplement son devoir.

“Ce rassemblement est celui du soutien à celles et ceux qui expliquent en classe la tolérance, la liberté d’expression, la laïcité, l’acceptation des différences.” A cet hommage, le maire a également associé les 266 personnes, victimes de la barbarie islamiste sur notre sol depuis 2012, demandant “des mesures fermes et durables pour extirper le radicalisme islamiste” mais en appelant au “discernement” et “aux armes de l’Esprit” pour porter les valeurs inaliénables de la République. “Il serait une erreur de contribuer – d’ailleurs à ce que le terroriste cherche à faire – l’amalgame, en confondant les misérables assassins, déterminés à faire la guerre, avec celles et ceux qui vivent en paix et en communion avec nos valeurs.” Le discours a été suivi d’une minute de silence, puis la chanteuse Nathalie Marcillac a entonné La Marseillaise suivie par l’assistance. L’hommage s’est achevé sur de longs applaudissements.

Voici l’intégralité du discours du maire de Brive:

“L’insoutenable s’est de nouveau produit dans notre pays. Aucun mot ne serait assez fort pour condamner cet acte barbare qui ébranle nos consciences. Dans cette nouvelle et difficile épreuve, notre communauté se recueille pour observer une minute de silence et pour adresser à la famille de Samuel Paty tout notre soutien et notre compassion. Samuel Paty a été tué pour avoir fait son devoir professionnel, celui d’enseigner à ses élèves l’impératif besoin de discerner les faits et gestes de notre société.

Ce rassemblement est celui du soutien à celle et ceux qui expliquent en classe la tolérance, la liberté d’expression, la laïcité, l’acceptation des différences, et « quand on aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli », nous disait la petite Léa du haut de ses 6 ans ! Depuis 2012 la barbarie islamiste a fait 266 victimes sur notre sol. Ne les oublions jamais ! L’agression fatale d’un enseignant, d’un prêtre, d’un militaire, d’un policier et, plus largement, de toutes celles et ceux qui ont pour charge de protéger, de servir et d’élever la conscience d’autrui est un attentat contre l’humanité. Ne les oublions jamais.

Mais aujourd’hui nous sommes nombreux à exprimer notre colère, notre besoin de justice mais aussi des mesures fermes et durables pour extirper le radicalisme islamiste qui a pris racine sur notre sol. Il ne s’agit pas seulement de réduire à l’impuissance les aspirant-terroristes, mais aussi toutes celles et ceux qui prêchent la haine, excitent, menacent, propagent un discours dans lequel la violence se nourrit.

Une fois de plus les valeurs de la République, de Liberté, d’Égalité et de Fraternité qui sont nos valeurs inaliénables, ont toujours guidé les combats de la France dans son histoire contemporaine. Elles se retrouvent une nouvelle fois face aux promoteurs de l’obscurantisme, de la haine et du fanatisme. La France n’a pas vocation aujourd’hui à accueillir ou laisser vivre sur son sol les militants de la mort. N’ayons aucun doute, aucune culpabilité sur le bien-fondé de ce combat. Notre histoire, nos valeurs et notre culture qui ont forgé notre État de droit et notre civilisation nous commandent cette fermeté mais aussi d’agir avec discernement.

Nous sommes donc une fois de plus, bousculé dans nos certitudes et nos convictions, mais il serait une erreur de contribuer – d’ailleurs à ce que le terroriste cherche à faire – l’amalgame, en confondant les misérables assassins, déterminés à faire la guerre, avec celles et ceux qui vivent en paix et en communion avec nos valeurs ! Dans ce creuset de l’enseignement français, nous signifions que notre savoir est le socle fondateur et inaliénable de notre culture. Notre devoir est d’opposer à la violence exercée sur nos consciences les armes de l’Esprit. Nous le ferons sans crainte. Ces armes de l’Esprit, c’est le legs de Samuel Paty et le fruit de son martyr. Vive la République, Vive la France.”

 

Marie Christine MALSOUTE

Marie Christine MALSOUTE

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