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« Beaucoup d’enfants pensent qu’un auteur, c’est quelqu’un de mort… »

En préface de la Foire du livre de Brive qui va tourner ses pages tout ce week-end, salle Brassens et Espace des Trois Provinces, rencontre éclairée avec son président Didier Decoin, président également de l’Académie Goncourt, qui a une idée précise de ce que doit être la littérature contemporaine. Vision sans détour et témoignage sans ambages. Les jeunes lecteurs, l’avenir de la littérature… l’un allant jamais sans l’autre. Entretien.

 

« La lecture amène tout. Cela ouvre une fenêtre. Nous sommes tous dans une cellule, il ne faut pas se leurrer. Nous sommes tous des claustrés. Elle permet de nous libérer. En tout cas, elle permet de regarder la cour de récréation. C’est une évasion. Nous en avons besoin. Les gens, adultes comme enfants, veulent lire des histoires qui les embarquent. Saint-Germain-des-Prés, c’est un épiphénomène qui est terminé aujourd’hui », dissèque Didier Decoin.

« C’est indispensable que la littérature soit moins guindée, intellectualisée, élitiste. Si vous coincez la littérature dans le solennel, les couronnes et l’odeur de l’encens, vous faites fuir les gens. Le monde a changé. La littérature aussi. La langue est vivante. Il faut jouer avec, c’est une partenaire. La meilleure preuve, c’est le succès du livre d’Hervé Le Tellier, L’Anomalie. Il a marché en termes de ventes, c’est un succès populaire, et il a eu le Goncourt 2020. Ce n’était pas du tout le favori au départ », poursuit l’auteur.

« Il faut que les écrivains aillent au contact de leur public. C’est en cela que la Foire du livre de Brive a du sens. Beaucoup d’enfants pensent qu’un auteur, c’est quelqu’un de mort. Et que, s’il n’est pas mort, c’est quelqu’un de très très vieux. La Foire du livre permet de démontrer l’inverse. »

« L’erreur, c’est de faire lire à un enfant de douze ans Les Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau. La littérature française contemporaine, c’est cela qui intéresse les jeunes. Pour qu’ils y prennent goût, il faut les intéresser. J’ai trois petites-filles qui sont des lectrices acharnées. C’est grâce aux Titeuf, Harry Potter… Ces œuvres ont amené le jeune public à la lecture et ensuite ce public est passé à autre chose en gardant cette soif de lecture. C’est un bienfait des dieux », assure Didier Decoin. « Les enfants aiment depuis toujours les histoires. Ils aiment qu’on leur raconte des histoires. Et il faut que cela perdure. La lecture, c’est ça. »

 

Toutes les infos sur foiredulivredebrive.net.

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Julien Allain, Photos : Diarmid COURREGES

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