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Assises de l’entreprise : un esprit de famille

Hier se déroulaient à la CCI la 3e édition des Assises de l’entreprise. Pas de longs discours ni de grandes théories, mais un fil de témoignages et de sketchs ont éclairé les parcours singuliers de quelques créateurs. Avec un dénominateur commun: “l’esprit d’entreprendre”, thème de cette édition.

Dans la salle, un auditoire attentif voire amusé, des sourires entendus, des mimiques d’acquiescement et des applaudissements reconnaissants. Quelles soient sous forme d’intermèdes caricaturaux avec un pseudo “sous-secrétaire d’État chargé de promouvoir les implantations en territoires peu attractifs” ou de témoignages par de vrais chefs d’entreprise témoignant avec simplicité et connivence de leurs expériences, les interventions successives apportaient un bienvenu baume au cœur, regonflant le moral de ceux et celles qui dans la réalité bataillent au quotidien et souvent dans leur coin pour que vive leur entreprise.

La salle était quasi comble avec quelque 500 participants, une fréquentation qui ne cesse de progresser à chaque édition. Tous n’avaient pas forcément créé ou repris une entreprise. Certains l’envisageaient à court, moyen ou plus long terme pour les étudiants présents. “Je savais qu’un jour j’allais monter mon entreprise. Il était hors de question que je subisse ma vie”, explique à l’auditoire Charline Goutal, co-fondatrice à 24 ans de Ma P’tite Culotte dans le monde de la mode. “La réussite, c’est d’être là au bon moment, pas trot tôt, pas trot tard, et de savoir repérer et saisir cette opportunité.” Nul autoportrait idyllique: “Ma vie est peine d’adrénaline, elle n’est pas ordinaire et je la kiffe… Je suis heureuse, oui, mais ça a un prix, ça demande beaucoup de sacrifices.”

Tout autre domaine avec son aîné Philippe Lourenço qui a créé PES (électricité, chauffage et plomberie). Après un beau parcours comme salarié, lui aussi voulait sortir de sa “zone de confort” et il raconte comment de fil en aiguille son entreprise a grandi pour arriver à une cinquantaine d’emplois aujourd’hui, livre ses défis pour demain. Et de conclure: “Il faut travailler sa vision. Nous sommes tous chefs d’entreprise, on a tous les mêmes difficultés. Il faut échanger.”

Constituer et consolider des réseaux… un incontournable que cultive Brive entreprendre, une mutualisation des forces insufflée par l’Agglo et la CCI. “Il faut s’appuyer sur un effet local d’entraides et de réseaux. Notre territoire est une question de caractère, nous devons le développer sur l’économie endogène comme exogène, être capable de faire notre promotion”, ont expliqué en ouverture la présidente consulaire Françoise Cayre et le président communautaire Frédéric Soulier. Les entrepreneurs eux-mêmes s’impliquent de plus en plus dans cette dynamique en devant Ambassadeurs de Brive entreprendre. Il sont désormais une centaine.

La fin d’après-midi s’est ainsi déroulée comme une sorte de réunion de famille, en 4 heures ininterrompues de témoignages, portraits d’hommes ou de femmes qui ont osé “prendre des risques”, “croire en eux”, “parier sur demain”… Des moments d’émotion aussi comme lors de la remise du “Coup de cœur de l’esprit entreprendre” à Jean Paufique fondateur de Silab, “notre Steve Jobs ou Bille Gates qui a démarré lui aussi dans un garage et emploie aujourd’hui 300 salariés”, s’est amusé à comparé Frédéric Soulier. Le secret d’une telle réussite? Son artisan la fait poser sur trois piliers: “l’indépendance qui donne l’autonomie, l’excellence dans les moyens humains et les installations et la qualité pour satisfaire les clients”. Sans oublier d’être “costaud et tenace” pour surmonter les inévitables difficultés… “et une certaine dose d’inconscience aussi”. En deux mots un “esprit d’entreprendre”.

 

Sur ce sujet, vous pouvez également consulter notre précédent article:

 

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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