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Amandine Bourgeois ou la fureur de voix

Le festival de rue Zikenscènes, deuxième édition, a débuté ce vendredi à Cosnac. Au programme de cette soirée, comme des deux prochaines, des concerts off gratuits et des zikoncerts avec tout à l’heure en tête d’affiche la flamboyante Amandine Bourgeois. Demain, la scène du Zikoncert accueillera Jules et La Jarry; dimanche, Claire Denamur. Toutes les infos sur le site du festival.

La première journée de Zikenscènes a été belle, avec une ouverture à 18h à Cosnac. Se sont succédés des concerts gratuits sur les scènes en plein air Jouvet et Teyssandier avec du reggae et de la variété. Le off, c’est le cœur de ce festival tout public et bon enfant où les spectateurs viennent en famille et entre amis.

L’an dernier, on a un petit peu essuyé les plâtres. Cette année on part sur de nouvelles bases”, se réjouit David Sol, le président de l’association organisatrice. “Les réservations ont été calmes jusqu’à présent et se sont accélérées aujourd’hui. Nous sommes plutôt contents et espérons faire 300 personnes pour le premier zikoncert tenu par Amandine Bourgeois.”

DeniBilan de la soirée, peu avant minuit. Un peu moins de 200 personnes mais des gens debout et visiblement heureux. Même si l’effectif chiffré n’est peut-être pas pleinement rempli, le moment aura été beau. Il a commencé avec l’artiste limougeaud, bien connu dans la région, Deni qui a fait la première partie de la toulousaine. Tout renfrogné, il arrive sur scène tel un ours grognon, mais malicieux et généreux. Pendant plus d’une demi-heure, il va servir au public quelques-unes de ses dernières compositions, dans la lignée des chansons anecdotiques, fines, émouvantes et drôles auxquelles il nous avait habitués par le passé, notamment dans L’Homme sandwich. La reprise de Renaud Laisse Béton à qui il doit son envie de chanter et, plus surprenante, de Joe Dassin avec le succès Siffler sur la colline terminées, il cède sa place sur scène à Amandine Bourgeois.

La lionne est blonde, montée sur talons hauts et fines gambettes, joliment galbées dans un voile opaque. Elle est belle. Et le devient plus encore lorsque sa voix, inattendue, jaillit de ce corps de jolie poupée. Une voix de velours, qui sort des tripes, qui agrippe l’oreille. Pendant plus d’une heure et demie, elle enchaînera les titres de son nouvel album, Sans amour mon amour dont elle précise qu’elle l’a enregistré avec l’équipe de Thomas Dutronc pour une part, avec celle d’Amy Winehouse, pour l’autre. Artiste dont elle reprendra d’ailleurs le cultissime Back to black avec talent.

Sur scène, les deux trompettes, le clavier, la batterie, la guitare et la basse envoient du bois, souvent, ou s’effacent pour laisser place à la voix. On comprend alors que la jeune artiste, révélée dans le télé-crochet La Nouvelle Star ne supporte pas la demi mesure. Il faut qu’elle éclate ou susurre, dans un murmure rocailleux et jazzy.

Généreuse, l’artiste l’est. Indulgente aussi. Et bienveillante, elle a la finesse de ne pas presser un public un peu frileux, distant. Elle attend. Peut-être sait-elle… A l’avant-dernier morceau, pour son tube L’Homme de la situation, Amandine Bourgeois descend de scène et s’avance dans la fosse, s’engouffre dans les gradins. Ce qu’elle veut, Amandine l’obtient. Le public, debout, s’emballe avec elle.

C’est pieds nus qu’elle remontera sur scène. La bride a lâché. Le public est désormais pleinement avec elle et la chanteuse déborde maintenant littéralement de scène. Etonnant, même après avoir été cherché son public, avec ses tripes et toute son énergie, elle continue à s’étonner des tonnerres d’applaudissements qu’elle récolte enfin. Mi exaucée, mi incrédule. Drôle de phénomène que cette nana-là.

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