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30 ans après, la chute du mur

9 novembre 1989. Il y a 30 ans, jour pour jour, tombait le mur de Berlin, détournant les médias nationaux de la Foire du livre d’alors. Pas rancunière, l’édition 2019 a consacré à cette commémoration plusieurs rencontres. Dont celle avec deux grands témoins de l’époque: Andreï Gratchev, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev et Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand. Une même analyse portée de part et d’autre.

On garde pour mémoire ces images sidérantes d’un mur attaqué à coups de pioche libérateurs. “Le mur n’a pas été abattu mais ouvert”, rectifie Hubert Védrine. “Ce n’est que le lendemain que les Berlinois sont venus avec des pioches récupérer des pierres en souvenir.” Au mythe populaire, les deux hommes opposent la réalité historique. “Tout avait commencé bien avant, dès octobre 1981. La chute du mur a été un moment émouvant pour les Allemands, mais le processus était déjà enclenché, la réunification en route.” Le “mur de la honte”, symbole d’un monde bipolaire, était le “vestige idéologique” d’une époque déjà révolue. Depuis le mois d’août de la même année, la Hongrie avait déjà ouvert la porte aux Allemands qui voulaient fuir.

“Dans la tête de Gorbatchev, le mur était un mur fantôme dont les fondations étaient éliminés par un processus”, explique son ancien porte-parole qui se voit comme un des “derniers poilus de la guerre froide”. “Gorbatchev avait dit à Honecker (principal dirigeant de l’Allemagne de l’Est, NDLR) qu’il ne compte pas sur lui pour régler les problèmes politiques internes et que les troupes russes resteraient dans les casernes.” La messe était dite.

“Ça a été une libération. Pour les Allemands, mais aussi pour les Ruses. C’était une libération de frontière qui nous coupait du reste du monde.” Les dirigeants tentaient déjà depuis plusieurs années de construire l’au-delà. Pour Andreï Gratchev, la chute du mur de Berlin aura été “la vraie fin de la seconde guerre mondiale” qui mettait fin à “la question allemande non résolue”.

“L’erreur aura été de considérer la Russie comme un perdant“, s’accordent les deux hommes. “La chute du mur n’est pas une victoire militaire stratégique. C’est en partant de cette erreur que l’Occident a cru gérer le monde d’une façon monolithique.”  L’Otan en serait-il un autre vestige? “Les Européens paient le prix de l’ambiguïté qu’ils s’étaient offerte à la chute du mur en continuant à confier leur sécurité aux Américains”, estime Andreï Gratchev. “Et l’Otan, dans tout ça, c”est un peu l’image du mur de Berlin qui doit être détruit.”

Infos sur foiredulivredebrive.net.

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Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

Marie Christine MALSOUTE, Photos : Diarmid COURREGES

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