Gallimard, une maison pas comme les autres

Jean-Christophe Rufin, Pierre Nora et Antoine Gallimard pour parler de… Gallimard. Ce matin à l’espace Alain Gazeau, les 3 hommes ont évoqué l’histoire de cette maison d’édition qui fête cette année son centenaire. L’occasion pour les uns et les autres de mettre en avant l’esprit Gallimard.C’est Pierre Nora qui a ouvert cet exposé. L’académicien, spécialiste d’histoire
contemporaine, est chez Gallimard depuis 46 ans. Un temps long durant lequel cette maison lui a permis de “vivre 3 vies”. La première, à l’origine, pour y développer un secteur sciences humaines. L’occasion de fédérer autour d’un domaine un milieu intellectuel d’écrivains, d’historiens. La seconde vie, c’est l’œuvre très importante des “lieux de mémoire”. Un travail de 15 ans auquel ont participé 130 historiens. Enfin une 3e vie fut celle de diriger la revue “Le débat”. Un projet véritablement porté par la famille Gallimard et qui dure depuis 30 ans. 3 vies, des centaines d’ouvrages, le symbole pour Pierre Nora de ce qu’est la maison Gallimard, une maison fidèle à ses auteurs qui le lui rendent bien.
“Cette fidélité, cela fait partie du rôle de l’éditeur” lui répond Antoine Gallimard. “Nous sommes là pour fédérer, conseiller, pondérer, épauler. Mais l’important est aussi l’esprit dans lequel nous faisons évoluer les auteurs chez nous”. Un rapport spécial s’établit entre eux, “jusqu’à nous présenter de nouveaux talents, comme Malraux qui conseillait à mon père de publier Albert Camus”.
“La magie fonctionne depuis 100 ans”, reconnait pierre Nora.
Une magie que confirme Jean-Christophe Rufin, arrivé par la petite porte chez Gallimard. “Cette maison est vivante. C’est un trait d’union entre passé, présent et avenir“. Une longévité qui s’explique notamment par le caractère familial de la maison d’édition.
“Une famille, avec ses conflits certes, son héritage quelques fois compliqué, mais cette continuité est très rassurante pour un auteur”. Un capitalisme familial, à l’ancienne pourrait-on dire, qui revient un peu à la mode, et qui évite les tensions et angoisses liées au fait de rendre des comptes aux actionnaires.
Et Antoine Gallimard de conclure qu’effectivement si je ne fais pas de bons résultats une année, les autres actionnaires, ma famille, ne va pas me pendre tout de suite”.
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