Le conseil municipal apporte son soutien aux Delafon et aux Deshors

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Hier soir, avant d’aborder les quarante délibérations à l’ordre du jour, le conseil municipal a débuté sa séance sous le signe de la crise sociale en adoptant deux vœux : l’un concernant la fermeture annoncée de Jacob Delafon, l’autre la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi chez Deshors ADI qui se traduirait de fait par un nombre important de licenciements et mettrait en question la pérennité de l’activité.

Vous pouvez voir en vidéo les débats auxquels ont donné lieu ces deux vœux sur le site www.brive.fr.

« La situation est inquiétante », a entonné le député-maire Philippe Nauche en évoquant le devenir des deux grandes entreprises du bassin. Pour l’une comme pour l’autre, les préoccupations se rejoignent, même si, à bien y regarder et comme en témoignera l’heure de débats qui précédera les votes, elles n’obéissent pas aux mêmes tenants. Et chacun, majorité comme opposition, ne pouvait décemment et solidairement qu’adhérer à ces deux vœux.

« Autant la crise de Deshors est liée aux difficultés industrielles qui peuvent exister dans notre pays, autant la fermeture annoncée de Jacob Delafon relève de ce système de délocalisation d’un capitalisme qui ne connait plus de limite« , comparait le maire, répondant à Frédéric Soulier, chef de file de l’opposition qui suggérait de « créer des états généraux de l’industrie pour éviter demain des sinistres aussi forts ».

DeshorsPour Deshors ADI, la direction a en effet annoncé son intention de procéder à la mise en œuvre d’un PSE, Plan de sauvegarde de l’emploi, qui sous cette appellation traduit en fait des licenciements, en nombre, on parle déjà de plus de 50 emplois et au delà, et pose la question de la pérennité de l’entreprise. Une annonce qui balaie les démarches menées jusque là par les collectivités locales et les services de l’Etat pour élaborer un plan de formation afin de passer 2010 et répondre aux meilleures espérances de 2011, un plan qui prévoyait, comme l’a rappelé André Pamboutzoglou, le maintien des CDI. Un plan qui avait ainsi pour objectif de minimiser les conséquences de la diminution des commandes de la SNECMA, groupe Safran détenu à 34% par l’Etat », précisait Philippe Nauche.

Par ce vœu, « le conseil municipal demande à l’Etat, actionnaire du groupe Safran, de revoir sa politique industrielle et d’intervenir auprès du groupe afin que celui-ci modifie sa politique de commande pour permettre la continuation de l’activité de ses sous-traitants installés en France« . La mairie, le département et la région avaient déjà précédement interpellé la ministre de l’économie Christine Lagarde et son ministre délégué à l’industrie Christian Estrosi « pour plaider une modification des consignes données par les représentants de l’Etat au conseil d’administration SNECMA Safran ». Le maire a également annoncé que des représentants des salariés devaient être reçus par le ministre Estrosi mercredi 31 mars.

Jacob Delafon

Pour Jacob Delafon, Philippe Nauche n’a pas hésité à qualifier la démarche de « délocalisation sauvage » et « le caractère arbitraire et brutal » de la décision, rappelant que le groupe Kohler avait pourtant annoncé qu’il n’était pas question de fermer Brive, même si le site était moins rentable. « Il y a une stratégie délibérée pour réduire la rentabilité de l’usine en enlevant des activités et en y maintenant les frais généraux tout en investissant à Tanger au Maroc, dans une usine qui fait la même chose que Brive. A la clé : la suppression à Brive de 160 emplois, titulaires ou intérimaires, sans parler des sous-traitants.

Une « délocalisation en grande partie réalisée » que le conseil municipal condamne donc vivement par ce vœu, tout en assurant qu’il « soutiendra toutes les actions qui seront entreprises par et pour les salariés« .

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