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126e RI : des vœux sur fond de Mali

Il aura bien évidemment été question de la guerre au Mali pendant la cérémonie de vœux qui s’est déroulée hier soir à la caserne Laporte. “Au total, plus de 250 militaires de Brive devraient être déployés dans le cadre de l’opération Serval“, a annoncé le colonel Patrick Secq qui lui-même pourrait y partir. Des informations distillées au conditionnel et qui dépendent de l’évolution de la situation sur place.

Pour adresser ses vœux à la société civile, le colonel a en quelque sorte coiffé ses trois “casquettes” puisque l’officier cumule les fonctions de chef de corps du régiment d’infanterie, de commandant de la base de défense de Brive et de délégué militaire départemental. Son discours aura lui été dominé par l’actualité africaine car si 2012 a été pour les Bisons “une année de fort engagement opérationnel” en Afghanistan, Nouvelle-Calédonie, République de Centre-Afrique et Djibouti, 2013 prend d’emblée un chemin similaire. Le régiment qui était d’alerte Guépard participe de ce fait à l’opération Serval déclenchée au Mali depuis deux semaines.

Deux détachements ont déjà été projetés. Le premier de 80 militaires, avec véhicules, est parti il y a une semaine par bateau. “Ils ont débarqué ce matin à Dakar au Sénégal et doivent maintenant rallier le Mali.” Ce week-end, un deuxième détachement de 40 militaires a pris la voie des airs et atterrit directement à Bamako. “C’est en arrivant sur place que la mission sera définie précisément”, a expliqué le colonel. D’autres Bisons, encore en garnison, attendent l’ordre d’embarquement. Le colonel lui-même pourrait rallier sur place l’état-major. “Au total, plus de 250 militaires de Brive, qu’ils soient du régiment, du groupement de soutien ou du centre médical, devraient être déployés au Mali.” Un conditionnel employé à dessein “car l’évolution très rapide de la situation sur place ne me permet pas d’affirmer avec certitude quelle sera au final notre participation”.

A ceux qui pourraient s’étonner de l’apparente lenteur de ce déploiement, le chef de corps insiste sur la complexité de cette opération au niveau logistique. “Il s’agit de déployer à plusieurs milliers de kilomètres, dans un pays qui n’a pas de façade maritime et avec des installations aéroportuaires limitées, plusieurs centaines d’hommes, avec leurs véhicules et tout leur équipement, le tout sur un préavis extrêmement court. Il est donc normal que cela prenne un peu de temps.” Une opération que Patrick Secq envisage “riche d’enseignements”, au moment même où se déroulent les travaux sur l’élaboration d’un nouveau Livre blanc.

L’année 2013 devrait cependant connaître d’autres temps forts, néanmoins tributaires des forces déjà engagées au Mali. “Nous devrions à l’automne être amenés à déployer de nouveau jusqu’à 500 bisons, au Tchad, en République de Côte d’Ivoire et en Guyane. Nous serons également amenés à fournir plusieurs détachements dans le cadre des missions Vigipirate.” Dans cet environnement, le 126e RI n’en reste pas moins pour le chef de corps “une communauté humaine riche et soudée”. Nombreuse aussi puisqu’elle représente sur Brive quelque 1.200 personnes, militaires ou civils, auxquelles s’ajoute une centaine de personnes qui font fonctionner le camp de la Courtine en Creuse. La communauté n’en renouvelle pas moins ses effectifs: cette année, 160 jeunes soldats viendront remplacer ceux en fin de contrat. Le 126 assure donc une présence forte au sein de la population, surtout si on compte les familles avec plus de 500 enfants. Et le colonel de souhaiter que 2013 voit se maintenir, ou se renforcer s’il est encore possible, ces liens historiques qui unissent le régiment à sa ville.

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Marie Christine MALSOUTE

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